Classement de Shanghai: Pourquoi ce n’est pas si grave pour l’université de Strasbourg de quitter le top 100

ETUDES SUPERIEURES L'université de Strasbourg figure désormais entre la 100e et la 150e place du classement de Shanghai...

Alexia Ighirri

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Classement de Shanghai: Pourquoi ce n'est pas si grave pour l'université de Strasbourg de quitter le top 100. (Archives)
Classement de Shanghai: Pourquoi ce n'est pas si grave pour l'université de Strasbourg de quitter le top 100. (Archives) — G. Varela / 20 Minutes

A quelques semaines de la rentrée, l’université de Strasbourg (Unistra) a été rétrogradée dans le fameux classement de Shanghai, listant les 500 meilleures universités du monde et rendu public il y a quelques jours. Alors qu’elle y figurait au 87e rang en 2015, l’Unistra quitte cette année le top 100. On vous explique pourquoi il n’y a rien de très alarmant.

  • Parce qu’elle est encore dans le classement.

L’université de Strasbourg n’allait pas disparaître comme ça : elle figure désormais entre la 100e et la 150e place, soit un niveau qu’elle occupait entre 2008 et 2012. En plus, elle peut se vanter d’occuper la première place française dans le domaine « Génie chimique » (qui regroupe la physique, la chimie, la microbiologie et la biochimie), entre la 51e et la 75e mondiale.

  • Parce que ce classement n’est pas exempt de tout reproche.

Même lorsque l’université strasbourgeoise figurait dans le top 100, son président Alain Beretz n’a pas voulu en faire une référence absolue.Au micro de France Bleu Alsace, il a cette fois pointé du doigt le manque de précision du classement : « Perdre presque 10 % de la valeur de l’université de Strasbourg, si l’on peut dire, c’est une aberration. Une université n’est pas un produit volatil », a-t-il réagi. De son côté, Jean-Loup Salzmann, le président de la conférence des présidents d’universités invité de France Info, a confié qu’il ne faut pas « surinterpréter » le classement de Shanghai. La raison ? Le choix des critères (nombre de Prix Nobel, celui de médailles Fields ou encore les résultats de la bibliométrie), favorisant les sciences dures par rapport aux sciences humaines, et limite sa pertinence.

  • Parce que l’université de Strasbourg est présente dans d’autres classements.

Si celui de Shanghai est probablement le plus médiatique, et celui auquel on prête du coup le plus d’attention, d’autres classements universitaires internationaux existent. Et l’Unistra est souvent de la partie. A l’instar de celui des universités mondiales les plus innovantes publié par Reuters News à l’automne dernier et dans lequel Strasbourg est 88e.

  • Parce qu’elle continuera à attirer des étudiants étrangers.

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Figurer en bonne position dans le classement de Shanghai alimente évidemment le rayonnement international des établissements universitaires. Notamment auprès des étudiants chinois. Mais pour attirer les étudiants étrangers (qui représentent environ 20 % sur le campus strasbourgeois), l’Unistra dispose d’autres atouts : « Il y a un rayonnement scientifique, puisque plus de la moitié des doctorants sont étrangers. Il y a aussi la spécificité géographique et historique, expliquait déjà Alain Beretz à 20 Minutes l’an passé. On a par exemple toujours eu beaucoup de Luxembourgeois [dont le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker] parce qu’au départ ils n’avaient pas d’université ». Et c’est sans compter sur le tout nouveau campus européen dont Strasbourg fait partie.