Strasbourg: Un adjoint au maire, des agents et beaucoup d'interrogations à propos de la radicalisation

SOCIETE La ville de Strasbourg se lance dans la prévention de la radicalisation violente, en vue d’éviter des passages à l’acte terroristes…

Fanny Hardy

— 

Les forces de l'ordre ont interpellé, en mai 2014, à Strasbourg, des jeunes soupçonnés d'être partis en décembre 2013 en Syrie. Cette filière djihadiste dite de Strasbourg vient d'être condamnée au début du mois. (Archives)
Les forces de l'ordre ont interpellé, en mai 2014, à Strasbourg, des jeunes soupçonnés d'être partis en décembre 2013 en Syrie. Cette filière djihadiste dite de Strasbourg vient d'être condamnée au début du mois. (Archives) — G. Varela \ 20 Minutes

Cela ressemble à une ascension de l’Everest, avec ses dangers, ses doutes, sa fragilité et ses paris. Alors que les membres de la filière djihadiste de Strasbourg viennent d’être condamnés à des peines allant de six à neuf ans de prison, la ville de Strasbourg va lancer son plan d’action pour la prévention de la radicalisation violente, dans la foulée de son plan de formations gratuites aux gestes qui sauvent.

Le maire de Strasbourg Roland Ries (PS) a chargé, il y a quelques semaines, son adjoint Olivier Bitz de travailler sur cette question complexe. Il en est ressorti un plan, qui s’appuie sur la définition de la radicalisation apportée par le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation et reposant sur trois piliers : un processus progressif, l’adhésion à une idéologie extrémiste et l’adoption de la violence. L’action strasbourgeoise à venir contre cette radicalisation devra être transversale, complémentaire de celle de l’Etat, et elle devra impliquer l’ensemble des acteurs de la société, notamment les clubs sportifs et les associations.

>> A lire aussi : Filière de Strasbourg: Neuf ans de prison pour le frère d'un kamikaze du Bataclan

Depuis 2014, sur le département du Bas-Rhin, 700 signalements ont été recensés

Pour Roland Ries, l’objectif est « d’empêcher en amont la radicalisation ». Et la tâche est immense, difficilement saisissable. Depuis 2014, rien que sur le département du Bas-Rhin, 700 signalements ont été recensés. « Ce ne sont pas tous des terroristes », a tout de suite prévenu le maire de Strasbourg ce lundi, en présence d’un représentant de la préfecture. Ce sont en fait 700 personnes qui font l’objet d’interrogations.

>> A lire aussi : Filière djihadiste de Strasbourg: «On risque notre vie pour rentrer de Syrie et on nous traite de terroristes»

Des formations (en construction aujourd’hui) destinées aux agents de la ville et de l’Eurométropole, directement confrontés à des cas de radicalisation (des jeunes filles déposant systématiquement des certificats médicaux pour ne pas faire de sport, des personnes refusant de manger à la même table qu’une personne mangeant du porc…), seront ainsi dispensées à partir de la rentrée. D’abord dans deux quartiers de Strasbourg. Lesquels ? Les élus n’en ont pas dit plus. Mais au final, 150 agents seront concernés avant la fin de l’année, à raison de 15 agents par secteur. « Ils devront être en capacité d’identifier les basculements en train de s’opérer », explique Olivier Bitz. Pour cela, les agents recevront notamment une grille d’indicateurs déjà listés par le ministère de l’Intérieur. « L’éloignement du pacte républicain est une première alerte », poursuit Olivier Bitz, qui prévient : « Ce sera une action publique de long terme et l’Etat ne pourra pas s’en sortir seul ». L’Everest.

Mots-clés :