Strasbourg: Attention, la location des meublés touristiques, type Airbnb, va être plus fortement contrôlée

ECONOMIE La ville de Strasbourg et l’Eurométropole s’apprêtent à lancer un nouveau dispositif de contrôle…

Fanny Hardy
— 
Ville touristique par excellenc, Strasbourg doit gérer activité hôtelière professionnelle et nouvelle activité de location de meublés touristiques. (Illustration)
Ville touristique par excellenc, Strasbourg doit gérer activité hôtelière professionnelle et nouvelle activité de location de meublés touristiques. (Illustration) — G. Varela / 20 Minutes

Vous qui louez des meublés touristiques (via Airbnb et autres) sur le territoire de l’Eurométropole, sachez-le, vous êtes observés. Partant du constat que la tension est déjà forte sur le marché locatif, la ville de Strasbourg et l’Eurométropole ont en effet décidé de réguler ce secteur, avec un nouveau dispositif.

Mais Alain Fontanel, premier adjoint au maire de Strasbourg et vice-président de l’Eurométropole en charge du tourisme, et Syamak Agha Babaei, vice-président de l’Eurométropole délégué à l’habitat, le précisent d’entrée : « Nous ne sommes pas contre les meublés touristiques. Nous sommes contre les investisseurs professionnels qui font de l’hôtellerie professionnelle déguisée. Il ne s’agit donc pas de pénaliser une nouvelle économie, mais cela ne peut pas se faire sans règle ». Alain Fontanel l’admet d’ailleurs : « Je vais toujours à Paris en utilisant Airbnb. Ce n’est pas une activité illégitime. »

Trois nouveaux leviers

Ce nouveau dispositif est construit en trois leviers :

  • une équité fiscale. La location d’un meublé touristique suppose de payer une taxe touristique. Et aucune location n’est épargnée. « Airbnb a amorcé la dynamique », se satisfait Alain Fontanel. La plateforme, qui propose 2.000 logements à Strasbourg, a en effet déclaré prévoir collecter cette taxe pour la ville à partir du 1er août prochain (soit 0,55 euros par personne et par nuit).
  • un changement d’usage. Celui-ci n’est nécessaire que lorsque le logement est loué plus de 120 jours par an, l’activité de location devenant alors commerciale. L’autorisation de changement d’usage sera accordée pour une durée maximale de 9 ans non renouvelable et seulement pour deux logements par propriétaire. Ce qui ne veut pas dire que le troisième logement est interdit. « Il déclenchera une obligation », expliquent les deux élus. Cette obligation, qui permettra d’obtenir une autorisation, sera une compensation. Il s’agira de créer un nouveau logement habitable, équivalent en termes de surface, et situé dans le même secteur que le local d’habitation dont le changement d’usage a été sollicité. La Grande île et le secteur de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine auront quant à eux un régime particulier : la surface des locaux proposés en compensation devra être 1,5 fois supérieure à celle faisant l’objet d’une demande de changement d’usage.
  • le respect de la réglementation. « Dans leur immense majorité, les gens qui n’ont pas déclaré leur activité sont de bonne foi », relativisent les deux élus. La difficulté pour eux est surtout de s’y retrouver dans les différentes réglementations mises en place. La ville et l’Eurométropole apportent donc les dernières touches à une campagne d’information qu’elles lanceront à ce sujet. Dans un second temps, des contrôles seront effectués et des sanctions financières seront prononcées si besoin. Quand ? « Nous souhaitons lancer plusieurs campagnes de contrôles avant les fêtes de fin d’année », indique Alain Fontanel. En plein durant le bien connu marché de Noël.