VIDEO. Alsace: Et pourquoi pas un téléphérique à Strasbourg ?

TRANSPORTS Loin d’être farfelus, des projets présentés par des étudiants de l’Ensas en finale d’un concours national d’architecture prestigieux dessinent ce que pourraient être les déplacements dans les métropoles de demain…

Gilles Varela
— 
Une partie des étudiants de l'ENSAS finalistes du concours d'architecture «Construir Acier». De G à D: Coraline Huot-Marchand, Amelie Amblard, Maëliss Baert, Manon Lhomme, Isis Montanaro, Enzo Sessini et Angel Badillo.
Une partie des étudiants de l'ENSAS finalistes du concours d'architecture «Construir Acier». De G à D: Coraline Huot-Marchand, Amelie Amblard, Maëliss Baert, Manon Lhomme, Isis Montanaro, Enzo Sessini et Angel Badillo. — G. Varela / 20 Minutes

Des capsules téléphériques qui survolent la cathédrale où le quartier de la Petite-France, ce n’est pas pour demain. En revanche, dans les zones périurbaines, pourquoi pas.

Loin d’être farfelue, l’idée est dans l’air du temps et plaît. Adopté dans de grandes métropoles comme en Bolivie ou en Colombie, le téléphérique « nouveau » est plus que jamais d’actualité. Plusieurs villes françaises, comme Toulouse ou Orléans, dans le souci de proposer des modes de transports doux mais aussi afin de répondre à certaines problématiques de déplacements n’hésitent pas à envisager de relier certaines parties de la ville via des téléphériques. Brest a franchi le pas et vient de recevoir sa première « cabine ».

Une tendance flairée par Patrice Harlicot, docteur et ingénieur en génie civil et enseignant à l’Ecole nationale supérieure d’architecture (Ensas) qui, avec ses étudiants de quatrième année, a organisé un concours interne à l’école sur des projets de structures, avec pour thème le transport aérien par câble, le téléphérique. Des projets basés sur une réelle problématique de déplacement entre le Baggersee à Illkirch-Graffenstaden et l’entrée de Ostwald.

Du concret au projet

Chemin faisant, les lauréats de ce concours interne ont proposé leurs travaux à un prestigieux concours national d’architecture, le Construir Acier. Initiative gagnante puisque parmi la centaine de dossiers envoyés par les étudiants en architecture en France, trois sur douze retenus pour la finale proviennent de l’Ensas.

« Ce qui est intéressant, c’est que nous sommes partis d’une problématique réelle pour élaborer un projet viable mais aussi de voir que ce que l’on a mis sur le papier représente une véritable solution sur le terrain », se réjouit Enzo Sessini, un des lauréats du concours. Autre point, mis en avant par les étudiants, la volonté de donner une réelle identité visuelle au lieu, voire un lieu de vie.

« Ce n’est plus le téléphérique à papa, lourd et volumineux. Ce n’est pas non plus un téléphérique de montagne. C’est un mode de déplacement horizontal propre, fiable et visuellement cela ne détruit pas le paysage. C’est absolument écolo, l’acier est biodrégadable », souligne Patrice Harlicot.

Le téléphérique, dont les infrastructures design et discrètes imaginées par les étudiants pourraient être équipées de panneaux solaires et transporter en moyenne jusqu’à 2.000 personnes par heure en moyenne. Il s’adapterait en fonction de la fréquentation pour répondre à des pics allant jusqu’à 6.000 passagers à heure. Autre avantage, les stations prévues par les trois projets de l’Ensas sont de véritables lieux multimodaux de transports rassemblant tous les flux, ce qui permettrait à un passager de passer du tram ou du bus au téléphérique en ne faisant que quelques pas…

« Juste une hypothèse »

« Le site pour ce projet n’est bien sûr qu’une hypothèse de travail pour les étudiants, suggéré par l’Eurométropole à notre demande, mais il est très intéressant car il permet d’illustrer comment des lieux avec des contraintes spécifiques qui ne peuvent être reliés par aucun transport collectif, à cause notamment de l’autoroute, du canal du Rhône au Rhin, d’une forêt protégée et d’une gravière toujours en activité, peuvent être désenclavés simplement. Et cela est économiquement rentable, de l’ordre de 40 % moins cher que celle d’un tram », précise Patrice Harlicot.

Une proposition qui ne devrait pas laisser insensible la collectivité et va probablement s’inviter dans les discussions à venir de l’Eurométropole.