Finale Eurocoupe de basket: Galatasaray Istanbul promet l'enfer à Strasbourg

SPORT La SIG défie Galatasaray à Istanbul pour la finale retour de l’Eurocoupe, mercredi à 19h. Une ambiance de dingue attend les Strasbourgeois à l’Abdi Ipekçi Arena…

Floréal Hernandez

— 

Galatasaray sera soutenu par 12.500 supporters dont les ultrAslan, mercredi à Istanbul en finale retour de l'Eurocoupe face à Strasbourg.
Galatasaray sera soutenu par 12.500 supporters dont les ultrAslan, mercredi à Istanbul en finale retour de l'Eurocoupe face à Strasbourg. — Youtube - UltrAslan Galatasaray

« Welcome to Hell », c’est la devise des ultrAslan, les supporters les plus fanatiques de Galatasaray. Particulièrement bruyants au foot, on les retrouve au basket un peu plus assagis. Ça ne les empêche pas de revendiquer le record du monde de décibels dans une salle de basket avec une pointe à 122,9 db en 2013.

« Ça me fait penser au haka néo-zélandais, image Samim Akgönül, historien et politologue spécialiste de la Turquie et maître de conférences à l’Université de Strasbourg. Le cheval de bataille des supporters des équipes stambouliotes, c’est à ceux qui feront le plus de bruit pour intimider l’adversaire. »

>> Oreilles sensibles s’abstenir !

>> A lire aussi: Comment Strasbourg a fait taire Galatasaray en finale aller de l'Eurocoupe.

« Ils chantent, chantent, chantent »

Mais la ferveur des 12.500 spectateurs de l’Abdi Ipekçi Arena, mercredi pour la finale retour de l’Eurocoupe, ne devrait pas perturber les Strasbourgeois. « Ça n’inhibe pas l’adversaire, annonce le coach de la SIG Vincent Collet. Ça galvanise “simplement” l’équipe locale qui a l’impression d’avoir des chevaux dans le dos. »

Jean-Luc Monschau, rompu aux joutes européennes en Turquie avec Mulhouse, Dijon ou Nancy abonde : « Rien de ce qui se passe dans la salle n’inquiétera les joueurs de la SIG. Ils sont suffisamment expérimentés. » D’ailleurs, ce bain turc auditif motive Romain Duport. « Ces encouragements, tu les prends aussi pour toi. Si tu arrives à les faire taire, c’est encore plus gratifiant que si c’est ton public derrière toi », avance l’intérieur strasbourgeois. Lui et son coach soulèvent que ça peut avoir « un effet sur les arbitres ».

Mais rendre aphone les supporters stambouliotes n’est pas si facile. Car « ils chantent, chantent, chantent. Ils poussent, poussent, poussent leur équipe », lance Claude Bergeaud, ancien coach de Pau et de l’Asvel qui n’a jamais connu « de débordements ou d’insécurité » lors de matchs en Turquie. En cherchant bien, il se souvient de pièces de monnaie lancées à l’échauffement. « On avait fait comme si de rien était et c’était fini. »

>> A lire aussi: La finale de la SIG contre Galatasaray diffusée au Zénith mais les places sont limitées.

« Montrer que la Turquie est au-dessus de tout »

S’il est bouillant, le public turc n’est pas « agressif », estiment le footballeur Michael Chrétien et le basketteur Amara Sy. Ce dernier sait déjà qu’il va passer un bon moment dans son canapé, mercredi. « Même devant notre télé, on va se rendre compte de l’ambiance qui règne dans la salle comme si on y était. »

L’ex-défenseur du Racing a passé trois saisons à Bursaspor. « Les chants débutaient dès l’échauffement, chaque joueur avait le sien. C’était exceptionnel tant à domicile qu’à l’extérieur. Rien que pour l’ambiance, j’étais impatient d’être au stade. » Des débordements, il en a connu mais pas plus qu’en France et le défenseur cite le caillassage récent des bus des joueurs et des supporters strasbourgeois à Marseille. « En National ! », souligne-t-il.

>> SONDAGE. Strasbourg va-t-il remporter l'Eurocoupe contre le Galatasaray Istanbul?

Cette ferveur dans les stades ou les salles turcs provient d’un phénomène simple pour le politologue Samim Akgönül : « Quand dans une société, l’expression politique et identitaire est limitée, le stade sert de lieu d’expression et de défoulement. » A cela, il faut ajouter l’amour fou des supporters turcs pour leur équipe. « En Turquie, tu peux changer de parti politique, de femme mais pas de club », expliquait à 20 Minutes Ibrahim, coiffeur strasbourgeois et supporter de Galatasaray, avant le match aller.

« C’est un amour qui dépasse l’amour pour un sport. Il est irrationnel. La joie et la peine dans les résultats du club deviennent la joie et la peine dans la vie quotidienne pour certains », poursuit Samim Akgönül. Et cela est démultiplié lors d’un match de Coupe d’Europe et encore plus pour une finale. « L’honneur du club et du pays est en jeu, annonce Serhat, créateur et administrateur de la page Facebook francophone consacrée à Galatasaray. C’est l’occasion de montrer que la Turquie est au-dessus de tout. »