Strasbourg: #NuitDebout plie mais ne rompt pas

SOCIETE Installé depuis une semaine place de la République à Strasbourg, le mouvement #NuitDebout veut conserver « son espace de vie et son esprit de partage » en journée…

Gilles Varela

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#NuitDebout à Strasbourg, un nouveau lieu de vie.
#NuitDebout à Strasbourg, un nouveau lieu de vie. — G. Varela / 20 Minutes

Ce n’est pas la demande de l’adjoint au maire Robert Herrmann qui a sonné le glas des grandes bâches tendues place de la République ou de la cuisine provisoire, faite de bric et de broc, du mouvement #NuitDebout à Strasbourg. Mais un avis de tempête, émis en fin d’après midi mardi. Une météo capricieuse qui tombe à pic car elle ménage les égaux et favorise les consensus.

En effet, lors d’une première visite aux abords du « lieu de vie » mardi matin de l’adjoint au maire en charge du quartier centre, de la sécurité, de la salubrité et de l’hygiène publique, il avait été signifié aux personnes présentes que les bâches et les structures fixes, le jour, n’étaient pas les bienvenues. Sans remettre le mouvement en cause ni interdire les rassemblements de nuit comme de jour, il fallait faire place nette en journée.

Une demande réitérée le soir même par Robert Herrmann revenu lors de l'« AG » sous une pluie battante où l’élu a répondu aux questions qui lui étaient posées. « Il n’y a pas de crispation, il y a du dialogue et de l’écoute. Il faut trouver des solutions qui conviennent à tous et les choses vont dans le bon sens, sans aucune violence ou détérioration et avec du respect pour le lieu, ce que je salue, mais nous ne pouvons pas tolérer que les structures se multiplient. Nous restons attentifs mais il n’y a pas de volonté de nuire à ce mouvement. »

#NuitDebout à Strasbourg. Nouveau lieu de vie.
#NuitDebout à Strasbourg. Nouveau lieu de vie. - G. Varela / 20 Minutes

 

Ce matin, l’état du « campement » témoignait de la difficulté de se protéger de la pluie durant toute une nuit et cela ne ressemblait pas à grand-chose, même si les volontaires s’affairaient à tout nettoyer. « Nous avons démonté car on ne voulait pas qu’il y ait un blessé avec le vent et il fallait protéger les couvertures. C’était l’occasion, mais là on se réinstalle, plus discrètement. On est dans le consensus et on essaie de faire quelque chose de beau », expliquait-on place de la République ce mercredi matin.

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On va rester

Si les « citoyens mobilisés » jonglent entre discrétion et visibilité, autorisation et désobéissance, le mouvement encore en gestation se renforce et de plus en plus de personnes viennent participer aux discussions, par rotation. « Nous avons gardé un petit abri en toile, propre, pour faire le café et en offrir à ceux qui en ont besoin où veulent discuter. C’est le minimum. J’espère que cela sera toléré », confie Thierry.

En attendant, des chaises et des tables ont été installées et les réunions vont bon train. « C’est un combat pacifiste, contre toutes les injustices du monde. Si on nous vide, ça se fera pacifiquement et on reviendra. On va rester », assure JC, 49 ans. « C’est un espace de vie qui s’installe, on se réapproprie l’espace différemment, dans un esprit de partage des idées, de solidarité et dans le respect d’un endroit. Les chaises et les tables dans les espaces publics, ça manque », ajoute Pauline 22 ans. Loin de vouloir enlever les structures, bien qu’allégées et regroupées dans un seul endroit, une « bibliothèque libre » a même été installée. Les « AG » vont pouvoir enfin oublier les questions matérielles… jusqu’aux cérémonies officielles prochainement à venir.

#NuitDebout à Strasbourg. Nouveau lieu de vie.
#NuitDebout à Strasbourg. Nouveau lieu de vie. - G. Varela / 20 Minutes