Strasbourg: L'évaluation sans note se teste au lycée Marie Curie

EDUCATION Une classe de seconde du lycée strasbourgeois expérimente l'évaluation des compétences sans note...

Laura Dienst et Alexia Ighirri

— 

Le lycée Marie Curie de Strasbourg expérimente une classe d'évaluation des compétences sans note.
Le lycée Marie Curie de Strasbourg expérimente une classe d'évaluation des compétences sans note. — A. Ighirri / 20 Minutes

A l’heure où les établissements étaient notés pour leur taux de réussite au baccalauréat, les fameux indicateurs de résultats des lycées 2015, la rectrice de l’académie de Strasbourg Sophie Béjean a rendu visite mercredi à une classe d’évaluation des compétences… sans note. C’est l’un des dispositifs mis en place depuis deux ans par le lycée Marie Curie à Strasbourg pour mieux accompagner ses élèves.

>> A lire aussi: «Supprimer les notes sans réflexion derrière est inutile»

Dans cette classe expérimentale de seconde, une trentaine d’élèves est ainsi évaluée selon six items communs à toutes les matières : restituer des connaissances, trouver l’information, appliquer et manipuler, raisonner et argumenter, communiquer et s’investir.

Exit donc les notes sur 10 ou 20, place aux lettres, de A (« maîtrise très satisfaisante ») jusqu’à D (« non maîtrisé »).

Difficile à mettre en place

L’objectif ? « Rendre l’élève acteur de sa formation, le rendre plus autonome et valoriser le travail par une meilleure estime de soi », résume Sandrine Kiefel, la professeure principale à l’initiative de cette expérimentation.

Selon elle, ce dispositif présente toutefois des points négatifs : « Ça a été difficile à mettre en place et à gérer pendant les quatre premiers mois, reconnaît Sandrine Kiefel. L’évaluation des compétences ne commence que maintenant. Et puis pour un élève en grande difficulté, la question des compétences ou des notes ne va pas changer sa motivation. »

Charlie, une des élèves concernés, n’est pas vraiment fan du dispositif. « J’ai beaucoup de mal à me situer. On a un flot d’informations, déplore-t-elle. Il faut le temps de s’habituer. »

« Tu travailles pour toi »

Quant aux points positifs, les anciennes élèves de cette classe en parlent mieux que personne. Désormais en 1ère S, Yasmine a vécu une « très bonne expérience. Ça permet de prendre confiance en soi. Quand tu es noté, tu travailles sous pression, pour ta moyenne générale. Avec l’évaluation des compétences, tu travailles pour toi. »

Son ancienne camarade, Chloé, a elle aussi « beaucoup aimé le système, pour passer en douceur du collège au lycée ».

Sophie Béjean, la rectrice de l’académie de Strasbourg, compte soutenir « le développement de cette pédagogie, une valeur ajoutée en termes d’accompagnement ». De quoi rassurer les «  nombreux établissements  »  qui se sont engagés dans cette démarche dans la région.