«Top Chef»: Présenté comme Luxembourgeois, Thomas Murer se revendique 100% Alsacien

TELEVISION Neuvième épisode de « Top Chef », ce lundi, avec la classique « guerre des restos ». L’Alsacien Thomas Murer est l’un des six candidats encore en lice…

Floréal Hernandez
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Thomas Murer, candidat alsacien de «Top Chef», est le premier cuisinier du Luxembourg à participer à l'émission.
Thomas Murer, candidat alsacien de «Top Chef», est le premier cuisinier du Luxembourg à participer à l'émission. — Pierre Olivier / M6

Avant le lundi, c’était raviolis. Désormais, c’est Top Chef. Ce lundi, l’émission de M6 dévoile son épisode 9 avec toujours en lice l’Alsacien Thomas Murer, second de cuisine dans le restaurant La Mirabelle au Luxembourg.

Formé au centre de formation des apprentis de Colmar, le candidat est passé notamment par les cuisines alsaciennes de l’Auberge de l’Ill à Illhaeusern (3 étoiles) ou de La table du gourmet (1 étoile) à Riquewihr. Aujourd’hui au Luxembourg, Thomas Murer s’apprête à ouvrir son restaurant dans une ancienne école début mai. Avant cela, ce lundi soir, c’est la « guerre des restos » dans Top Chef.

Thomas, comment vous êtes-vous retrouvé dans Top Chef ?

C’est parti d’une blague lors d’une partie de pêche un dimanche matin avec un collègue, mon futur second de cuisine. On s’est dit : “Vas-y, on s’inscrit à Top Chef !”. Le soir, je l’ai fait. C’était le dernier jour pour s’inscrire. C’était comme jeter une bouteille à la mer. Le lendemain matin, M6 m’a appelé. Je n’en avais parlé à personne car je ne pensais pas être recontacté. Tout le monde m’a incité à le faire. J’ai passé un entretien via Skype le mardi et dix jours après je suis venu à Paris faire un casting culinaire. J’ai fait l’aller-retour en moins de 24h en prenant le train de nuit et en revenant au Luxembourg à 17h pour le service du soir avec au milieu le casting. Ça a été bien intense.


L’image que l’émission renvoie de vous est-elle fidèle à ce que vous êtes ?

J’ai regardé peu d’émissions car je n’aime pas me voir. Mais ça reste de la télé. Je ne suis pas le plus beau des candidats, ni le plus drôle. Je suis un cuisinier avant tout, pas un showman. Je trouve qu’on a accentué mon côté rigoureux, carré. Je le suis, mais je suis aussi très souriant.

Dans l’émission, votre côté alsacien ne ressort pas. Est-ce un choix de votre part ou de la production ?

Je regrette qu’on ne le voie pas. Car à chaque émission, je revendique venir d’Alsace. C’est chez moi, c’est mon identité. Je dois le dire une cinquantaine de fois par émission. Je passe pour le candidat luxembourgeois. J’y travaille mais je ne le suis pas. Je suis 100 % alsaciens par mes parents, mes grands-parents. Je suis le premier candidat du Luxembourg, alors c’est ça qui est mis en avant.


On a l’impression que vous avez tendance à ne pas écouter les chefs. Hélène Darroze ne voulait pas que vous mettiez du concentré de tomates dans votre plat la semaine dernière.

C’est ce qui ressort à la télévision. Mais mon plat était abouti. Elle a voulu me saquer, j’ai été la tête de Turc. C’était un parti pris de mettre du concentré de tomates pour donner de la couleur, de la saveur. Ce n’est pas grave, que ça passe ou que ça ne passe pas.

Vous avez souvent convaincu les chefs en dernière chance. Est-ce parce que vous travaillez avec moins de contraintes ?

En dernière chance, je n’ai pas de chef derrière moi. Je suis plus libéré quand je suis tout seul.


Quels progrès avez-vous fait grâce à Top Chef ?

J’ai appris à plus m’ouvrir, à plus croire en ce que je fais. Je doute beaucoup de ne pas faire les bons choix, je suis un éternel insatisfait.

Qu’est ce que l’émission a changé pour vous en cuisine ou dans la rue ?

Avec mes collègues, rien. Car au final, je suis toujours le même. Maintenant dans la rue, on m’arrête pour prendre des photos. Je joue le jeu, je suis ouvert, je me rends disponible au maximum. Je ne pensais pas que ça aurait un tel impact au Luxembourg.

Cette semaine, c’est la « guerre des restos » dans l’émission. Qu’en gardez-vous ?

Ça a été très dur mentalement et physiquement. Ce sont 48 heures assez intenses. C’est un beau défi. Ouvrir un restaurant, c’est le truc dont tout cuisinier rêve. Là, c’est également ce que je fais avec mes associés.

Quand ouvrez-vous votre restaurant ?

Début mai. Je suis en partenariat avec Pascal Ruault, un ancien cuisinier reconverti dans les assurances, et Guy Kirsch, un boucher-traiteur. Ce sera dans une vieille école à la frontière belge. C’est un gros investissement, on parle en millions d’euros. On travaillera des produits du terroir dans le respect des saisons. On le fait avec beaucoup de convictions.

Si vous gagnez Top Chef que ferez-vous ?

Je m’achète la dernière Posrche Spyder (rire). Je déconne. Le gagnant de Top Chef touche 60.000 à 70.000 euros. Je pourrais en mettre une partie pour mon restaurant ou faire un investissement immobilier. C’est un joli coup de pouce pour avancer dans la vie.


Pensez-vous un jour ouvrir une table en Alsace ?

Bien sûr. C’est une idée dans les cartons. L’Alsace, c’est chez moi. Avec ma femme, on est du cœur de l’Alsace : Bergheim, Riquewihr, Ribeauvillé. On reviendra c’est une certitude. Mais quand ?

Quels sont les restaurants où vous aimez aller en Alsace ?

Il y a l’Auberge de l’Ill. J’y ai envoyé un couple d’amis en formule jeunes récemment. La Table du Gourmet aussi où j’ai appris à travailler les herbes, les plantes. Sinon, des amis viennent d’ouvrir un restaurant de produits frais à Châtenois, le Meisenberg.