Strasbourg: Le témoignage émouvant d'une victime et de nouvelles explications de l'«étrangleur de la Robertsau.»

Justice Lors de la deuxième journée d’audience, une victime de Nicolas Charbonnier est venue témoigner à la barre. Ce dernier a fourni de nouvelles explications qui n’ont pas convaincu les avocats de la partie civile…

Gilles Varela

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Procès Nicolas Charbonnier. Cour d'assises du Bas-Rhin.
Procès Nicolas Charbonnier. Cour d'assises du Bas-Rhin. — G. Varela / 20 Minutes

Ce vendredi, la fillette laissée pour morte par « l’étrangleur de la Robertsau » est venue témoignée à la barre de la cour d’assises du Bas-Rhin. Âgée de 10 ans au moment des faits, c’est une femme à présent âgée de quarante ans qui a raconté ce qui lui était arrivé. La voix hésitante, emplie d’émotion et dans une ambiance pesante, la quadragénaire a raconté avec pudeur et dignité son agression.

Dans le box des accusés, Nicolas Charbonnier n’a pas un instant regardé celle qu’il a étranglée avec une cordelette avant de la violer avec une baguette de maquettiste alors qu’elle était inconsciente.

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Une vie qui bascule

Plus encore que sur les détails scabreux de son témoignage, c’est surtout sur les conséquences de cette agression qui ont fait basculer sa vie, que la jeune femme a tenu à partager. « Cette ombre que j’ai sentie sur moi je la vois tous les soirs depuis trente ans. Je me souviens que je n’arrive plus à respirer. Je pense que s’il ne me lâche pas je vais mourir. Je fais des cauchemars et je crie si fort que cela me gêne, avoue-t-elle avec des sanglots dans la voix. Si la jeune femme a maintenu sa version des faits, la même depuis le début de l’affaire, ce n’est en revanche pas le cas de Nicolas Charbonnier qui a été interrogé pendant trois heures.

Procès Nicolas Charbonnier. Cour d'assises du Bas-Rhin.
Procès Nicolas Charbonnier. Cour d'assises du Bas-Rhin. - G. Varela / 20 Minutes

 

« L’appel d’un lâche »

Contradictions, nouvelle version, ce dernier n’a pas convaincu les avocats des parties civiles et suscité des interrogations chez l’avocat général. S’il affirme qu’il voulait seulement cambrioler un appartement en sortant d’un bar de nuit, le déroulement des faits ne concorde pas avec celui de la victime et des experts.

Il a notamment refusé d’admettre qu’il était entré avec une cordelette qui servira à étrangler la fillette, ou bien encore, a affirmé ne plus se rappeler comment il a connu le nom de famille de la victime afin de trouver le numéro de téléphone familial (placé sur liste rouge) pour ensuite téléphoner cyniquement aux parents de la famille. Un acte qu’il a d’ailleurs qualifié comme « l’appel d’un lâche. Je ne sais pas quoi vous dire d’autre, je suis atterré. Cet appel est ignoble ». En revanche, il a expliqué avoir eu une pulsion sexuelle au moment où il a vu la fillette.

Une jeune fille de 17 ans morte étranglée

Les débats se sont alors portés sur la deuxième affaire où une jeune fille âgée de 17 ans, quelques semaines après l’agression de la petite fille, a été étranglée dans l’appartement dans lequel elle vivait avec sa sœur à peine plus âgée. Là aussi, trou de mémoire, changement de déclaration, mais aussi nouvelle défense en s’appuyant sur le travail qu’il fait sur lui-même grâce à une psychologue et qui lui permettrait de parler de ce qu’il a fait et donc de changer certaines versions des faits.

Le procès reprendra lundi matin.