Strasbourg: Ouverture du procès de «l'étrangleur de la Robertsau»

JUSTICE Nicolas Charbonnier, un homme de 53 ans accusé d'être «l'étrangleur de la Robertsau» dans les années 80 à Strasbourg, s'est présenté devant les juges ce jeudi à la cour d'assises du Bas-Rhin. Il est accusé de deux crimes à caractère sexuel, dont l'un sur une mineure de moins de 15 ans et l'autre sur une étudiante tuée...

Gilles Varela

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Procès Nicolas Charbonnier. Cour d'assises du Bas-Rhin.
Procès Nicolas Charbonnier. Cour d'assises du Bas-Rhin. — G. Varela / 20 Minutes

Difficile d’imaginer que l’homme qui s’est présenté ce matin à la cour d’assises du Bas-Rhin puisse être « l’étrangleur de la Robertsau ». Calme,le crâne légèrement dégarni, vêtu d’une chemise blanche et d’un pull gris, Nicolas Charbonnier, soupçonné du meurtre d’une étudiante de 17 ans en mars 1986, ainsi que du viol et d’une tentative de meurtre sur une fillette de 10 ans en janvier de la même année s’est assis docilement dans le box des accusés.

Procès Nicolas Charbonnier. Cour d'assises du Bas-Rhin.
Procès Nicolas Charbonnier. Cour d'assises du Bas-Rhin. - G. Varela / 20 Minutes

 

Face à face, trente ans après les faits

A la lecture des faits qui lui sont reprochés, Nicolas Charbonnier, le visage fermé, est resté de marbre, écoutant attentivement la longue liste des blessures ou sévices qu’ont subis les victimes. Ne cherchant pas du regard les parties civiles, il a, lorsque les détails sordides des faits ont été énumérés baissé les yeux tout du long, portant parfois la main à son menton.

Procès Nicolas Charbonnier. Cour d'assises du Bas-Rhin.
Procès Nicolas Charbonnier. Cour d'assises du Bas-Rhin. - G. Varela / 20 Minutes

 

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Face à lui, fortes et dignes, les parties civiles, dont une femme, âgée de quarante ans, qui fût la fillette étranglée, violée et laissée pour morte alors qu’elle n’avait que 11 ans à l’époque des faits, ainsi que la sœur aînée de la jeune étudiante tuée, qui avait elle aussi été agressée.

« Des femmes extrêmement courageuses »

« Ce sont des femmes extrêmement courageuses que j’assiste. Quand bien même elles n’ignorent rien du dossier qui les concerne, ça n’est jamais très facile de se retrouver dans une enceinte de justice aussi solennelle qu’une cour d’assises et d’entendre à nouveaux les faits absolument odieux dont Charbonnier s’est rendu coupable », a déclaré lors d’une suspension d’audience maître Yannick Pheulpin, avocat des parties civiles. « Elle attend (la petite fille violée et laissée pour morte) de l’apaisement, les faits sont extrêmement anciens mais pour elle et dans sa chair voilà trente ans que ces faits continuent et sont présents du matin au soir et elle attend aujourd’hui de pouvoir tourner la page pour pouvoir se reconstruire et vivre peut être enfin plus sereinement ».

Procès Nicolas Charbonnier. Cour d'assises du Bas-Rhin. Maître Yannick Pheulpin
Procès Nicolas Charbonnier. Cour d'assises du Bas-Rhin. Maître Yannick Pheulpin - Google Maps

 

Des explications

Et des explications, Nicolas Charbonnier devrait en donner vendredi lors de l’audience où il devra s’expliquer. « C’est une personne différente aujourd’hui, un père de famille de 53 ans qui a eu le temps en trois ans de détention de réfléchir à ce qu’il avait commis quand il avait 23 ans et qui a pu apporter beaucoup de réflexions autour de ces faits », a expliqué à la presse son avocate maître Caroline Bolla. D’ailleurs, pour Nicolas Charbonnier ce qui est important c’est d’apporter des réponses, il aborde ce procès avec la ferme intention d’essayer de s’expliquer, et de présenter ses excuses et ses regrets, aussi, ses premiers mots iront aux parties civiles » promet l’avocate.

Procès Nicolas Charbonnier. Cour d'assises du Bas-Rhin. Maître Caroline Bolla
Procès Nicolas Charbonnier. Cour d'assises du Bas-Rhin. Maître Caroline Bolla - G. Varela / 20 Minutes

Le procès se tiendra jusqu’au 24 mars.