Besançon: A 91 ans, elle obtient la mention «très honorable» pour sa thèse

INSOLITE Trente ans après avoir commencé sa thèse de géographie, Colette Bourlier vient de la soutenir à 91 ans…

F.H. avec AFP

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Colette Bourlier a soutenu sa thèse de géographie à 91 ans à l'université de Franche-Comté. Une thèse commencée il y a 30 ans.
Colette Bourlier a soutenu sa thèse de géographie à 91 ans à l'université de Franche-Comté. Une thèse commencée il y a 30 ans. — CARO FOTOS/SIPA

Trente ans de recherche et une thèse soutenue à 91 ans. Colette Bourlier a obtenu la mention « très honorable » à l’université de Franche-Comté, à Besançon, mardi, pour sa thèse de géographie intitulée « Les travailleurs immigrés à Besançon dans la seconde moitié du XXe siècle ». Une thèse de 400 pages entièrement manuscrite !

Une thèse dure en moyenne 3 ans…

« J’ai mis du temps, parce que j’ai fait des pauses » et « j’ai fait du mieux que j’ai pu, je crois que le jury était satisfait », a déclaré à l’issue de sa soutenance Colette Bourlier, qui a eu son bac en 1944. « C’est un travail extrêmement atypique parce que c’est un travail de thèse qui a duré 30 ans – aujourd’hui une thèse c’est en moyenne trois ans — et qui a été réalisé par quelqu’un qui a commencé sa recherche après son départ en retraite, à l’âge de 60 ans », a estimé son directeur de thèse Serge Ormaux.

>> Le reportage de France 3 Franche-Comté.


Pendant sa vie active, cette ancienne enseignante née à Lyon en 1925 s’est beaucoup investie dans l’accueil et l’alphabétisation des travailleurs immigrés à Besançon. « Pendant 20-25 ans elle s’est occupée de l’accueil et de l’alphabétisation des populations émigrées sur Besançon, elle a fait un énorme travail, leur a consacré beaucoup de temps, d’énergie et a été immergée dans tous les dispositifs nationaux et locaux d’accueil des immigrés qu’elle connaît parfaitement », souligne Serge Ormaux.

Lors de sa retraite en 1983, elle a décidé de commencer un travail de recherche universitaire sur la problématique des travailleurs immigrés à Besançon. Selon le directeur de thèse, cette vive nonagénaire aux cheveux blancs « est sans doute la seule à connaître ces dispositifs à ce point et à être capable d’en faire une telle synthèse, qu’elle a complétée par des travaux d’analyse de statistique ».