Strasbourg: La laïcité se fait le mur de la prison

SOCIETE Des détenus de la maison d'arrêt de Strasbourg-Elsau ont réalisé une fresque historique  dans un des couloirs de la prison...

Gilles Varela

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Strasbourg le 9 mars 2016. Une fresque historique réalisée par onze détenus de la maison d'arrêt de Strasbourg Elsau, avec la collaboration de la plasticienne Babette Reziciner. Lancer le diaporama
Strasbourg le 9 mars 2016. Une fresque historique réalisée par onze détenus de la maison d'arrêt de Strasbourg Elsau, avec la collaboration de la plasticienne Babette Reziciner. — G. Varela / 20 Minutes

Ils sont onze à s’être relayés pour peindre une fresque historique longue de 15 mètres dans le couloir de la zone scolaire de la maison d’arrêt de Strasbourg Elsau.

De nouvelles connaissances

Une fresque, réalisée en trois semaines dans le cadre d’un « projet global de sensibilisation à la laïcité », indique la direction. L’œuvre, constituée de six parties, a pour fil directeur la naissance des premières cités organisées et le lent passage de la théocratie à la démocratie laïque contemporaine. Tout un programme, que certains détenus n’ont pas eu le temps de terminer ou d’achever avant leur libération. « Je ne vais pas sortir avec un bac + 4 en histoire, plaisante un détenu, mais ça laisse une trace de vous pour toujours. C’est une fierté, une belle fierté. » Même sentiment pour un autre détenu qui a participé à sa réalisation : « ça nous permet de nous rendre compte que l’on sait faire plein de choses, ça nous revalorise. » « Une façon de me sentir un peu plus libre aussi », confie un autre.

Strasbourg le 9 mars 2016. Une fresque historique réalisée par onze détenus de la maison d'arrêt de Strasbourg Elsau, avec la collaboration de la plasticienne Babette Reziciner.
Strasbourg le 9 mars 2016. Une fresque historique réalisée par onze détenus de la maison d'arrêt de Strasbourg Elsau, avec la collaboration de la plasticienne Babette Reziciner. - G. Varela / 20 Minutes

Une fresque « pour toujours »

Pour Cathy Christophe, la directrice, c’est une réussite. « Nous faisons un métier qui est difficile, avec de nombreuses contraintes mais il y a aussi de belles rencontres. Il y a plein de choses qui se passent derrière les murs du centre de détention. Des choses étonnantes. C’est une œuvre qui va rester et qui sera visible par toutes les personnes détenues, avec un thème qui en ces temps ne peut que nous interpeller et nous concerner. »

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Une expérience enrichissante tant pour les détenus que pour la plasticienne Babette Reziciner ou bien encore la professeure d’histoire et géographie, Edith Stroh-Weber, qui pensent déjà à d’autres projets. Tous comme les détenus, qui sont prêts, eux, à « se faire tous les murs » de la maison d’arrêt…