Présidentielles 2017: Un Alsacien se présente comme le candidat des «maires en colère»

POLITIQUE Dans son programme pour l’élection présidentielle de 2017, l’Alsacien Paul Mumbach veut retrouver de la proximité, supprimer le Sénat et faire entendre ses idées aux grands candidats…

Floréal Hernandez

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Paul Mumbach, maire de Dannemarie lors de l'inauguration de la plaque sur la maison natale du Docteur Eugène Ricklin, défenseur de l'Alsace autonome au Reichtag comme à la Chambre des Députés.
Paul Mumbach, maire de Dannemarie lors de l'inauguration de la plaque sur la maison natale du Docteur Eugène Ricklin, défenseur de l'Alsace autonome au Reichtag comme à la Chambre des Députés. — Capture d'écran du compte Facebook de Paul Mumbach

Paul Mumbach est le maire de la commune rurale de Dannemarie, 2.300 habitants dans le sud de l’Alsace. Depuis ce week-end, il est candidat à l’élection présidentielle de 2017. Président de l’association des maires ruraux du Haut-Rhin et opposant à la région Grand Est, Paul Mumbach part en campagne pour récolter les 500 signatures requises pour postuler au poste de chef de l’Etat. Il se présente comme « le seul candidat à défendre les collectivités territoriales en général et des maires en colère en particulier ».

Pourquoi vous portez-vous candidat à l’élection présidentielle de 2017 ?

C’est une réaction à un état de fait, à une situation de plus en plus incompréhensible. Il y a une destruction de la proximité avec nos institutions. On l’a vécu avec la grande région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. On le vit avec la mise en place difficile d’intercommunalités dont les surfaces deviennent exorbitantes. On perd de la proximité. Je connais bien le terrain, il faut que quelqu’un se lance et fasse passer le message.

De quel soutien disposez-vous ?

Il y a 36.000 communes en France dont 30.000 petites ou moyennes. Obtenir 500 signatures doit être possible. L'important n'est pas le candidat mais le programme. Avec celui-ci, on compte faire changer les institutions, les faire évoluer. La France continue de s’enfoncer : l’Etat ne donne plus de dotations aux communes, les compétences sont transférées aux intercommunalités sans moyens. C’est catastrophique. On perd une forme de démocratie. On a perdu en proximité. L’élu est un représentant du peuple, il doit revenir vers le citoyen, savoir quel est son avis, ses besoins.

>> Paul Mumbach porte comme personne le Bleu-Blanc-Rouge.

Quel est votre programme ?

On l’élabore. Il est en rupture, on veut supprimer le Sénat, le conseil économique et social, les ministres à vélo. On veut remettre à zéro le fonctionnement démocratique, que la consultation des citoyens soit plus active. Aujourd’hui, le citoyen n’est concerné par rien. Il y a 50 % d’abstention, un élu l’est seulement par 15 à 20 % de la population. Cela passe par une VIe République.

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C’est la première fois que vous avez l’idée de vous présenter à la présidentielle ?

C’est le seul outil pour faire changer les choses. On se doit de s’attaquer à cette échelle-là. On n’est pas prétentieux, on sait que les élections se jouent à 1 ou 2 % alors si on fait 2, 3 ou 4 %, ce sera un pourcentage significatif pour faire prendre en compte nos problèmes, nos façons de voir aux grands candidats. Ce sera déjà pas mal de gagné.

Ne partez-vous pas trop tôt en campagne ?

Les candidats connus peuvent démarrer plus tard. Là, on vient de loin, on doit descendre loin sur le terrain. On a besoin de temps.

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Vous êtes un opposant à la grande région Est…

Il faut donner le maximum aux régions. On récolte des fonds qui partent au national et qui en redonne une partie. Il faut redonner une autonomie aux régions en leur rendant leur argent. Ce qui permettra de développer et de favoriser les différences entre les régions. Arrêtons de tout niveler pour rendre tout identique avec les mêmes lois d’urbanisme, les mêmes textes sur la langue… On rend tout homogène sans saveur. Les différences entre les régions, ça favorisera l’émulation entre elles et ça fera progresser le pays.

Si vous êtes président de la République, remettrez-vous en cause la grande région Est ?

Non, je ferai un référendum tout simplement. Je suis toujours persuadé que ce n’est pas la bonne solution. Mais rapprochons les citoyens des décisions.