Strasbourg: La maternité s'adapte aux futures mamans handicapées

SANTE La clinique Sainte Anne est la première maternité de la région à mettre en place un projet et des équipements spécifiques pour accueillir les mamans handicapées au service de maternité…

Gilles Varela
— 
Une jeune maman qui a  bénéficié de la chambre adaptée du service de maternité de la clinique Sainte Anne.
Une jeune maman qui a bénéficié de la chambre adaptée du service de maternité de la clinique Sainte Anne. — Frederic Maigrot

Un accouchement, c’est toujours un moment particulier, d’autant plus lorsque la maman est lourdement handicapée. Si techniquement tous les hôpitaux et les cliniques de la région peuvent le réaliser, la clinique Sainte Anne au nord de Strasbourg en partenariat avec l’Association des paralysés de France (APF) s’est dotée d’une chambre adaptée et d’une équipe spécialement formée et impliquée.

Une équipe « handicap » dédiée

Pour l’instant trois patientes, avec des pathologies très différentes (une jeune maman amputée d’une jambe, une personne malvoyante et une personne lourdement handicapée) ont pu bénéficier de l’encadrement et de toute l’attention du service de la maternité.

Une équipe handicap dédiée, organisée pendant la grossesse par les équipes de l’APF et de la Clinique Sainte Anne, comme des ergothérapeutes, des kinésithérapeutes, gynécologues, médecins anesthésistes, sages-femmes, auxiliaire de puériculture, assistante sociale et cadre sages-femmes, accompagnent de façon coordonnée la future maman.

Une jeune maman au service de la maternité de la clinique Sainte Anne. - Frederic Maigrot

De nombreux aménagements

« Des aménagements sont nécessaires pour s’adapter aux situations particulières de chaque patiente, mais le reste du temps c’est une chambre qui accueille tous les patients », explique David Sogne, cadre sage-femme à la clinique Sainte Anne.

La chambre dispose d’un large centre giratoire pour le fauteuil, la hauteur du mobilier, des interrupteurs et des patères sont plus bas. Et parce que chaque geste simple du quotidien peut devenir difficile, les placards ont des portes coulissantes, le miroir est inclinable, la douche est accessible en fauteuil. Et petit détail qui fait la différence, la table à langer est à hauteur variable, ce qui permet à la future maman de pouvoir s’occuper des soins du bébé.

Un lavabo a également été installé pour que la maman puisse donner le bain de façon autonome dans la chambre. Quant au lit bébé, il est fixé au lit électrique de sa maman à hauteur variable.

L’accompagnement

Mais ce qui fait aussi la différence, c’est l’accompagnement dont elles peuvent bénéficier. « Nous les rencontrons individuellement dès le troisième mois de grossesse afin de voir quels sont leurs besoins. Nous participons aux consultations avec le gynécologue et nous personnalisons la structure d’accueil », explique David Sogne.

Du personnel qui s’investit d’autant plus que la durée du séjour (deux semaines environ) crée des liens. « Nous avons le temps de la connaître. Il faut que ce soit pour ces femmes la normalité d’avoir un enfant. C’est un rapport de confiance, un travail d’équipe », assure le sage-femme.