Budget 2016: Le département du Bas-Rhin «tire la sirène d'alarme»

ECONOMIE Le Conseil départemental du Bas-Rhin qui soumet au vote son budget pour 2016 regarde à 360 degrés pour sortir de la crise…

Gilles Varela

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Conseil départemental du Bas-Rhin.  le 23 01 07
Conseil départemental du Bas-Rhin. le 23 01 07 — G . VARELA / 20 MINUTES

« Avec la baisse des dotations de l’Etat au détriment des collectivités territoriales et la non-compensation des dépenses sociales toujours plus importantes que l’on nous impose, c’est près de 230 millions d’euros de désengagement de l’Etat qui manquent », estime Frédéric Bierry (LR), président du Conseil départemental du Bas-Rhin, pour le budget 2016 du département. Et l’élu compte bien « ne pas laisser aller le département à la faillite et que le budget ne tombe pas sous la tutelle de l’Etat ». Aussi pour 2016, économies, créativité et collaboration seront les maîtres mots car le département a « fait le choix de la responsabilité », sans augmenter les impôts sur le foncier bâti.

Il faudra donc, selon Frédéric Bierry, continuer à « faire des économies, d’être créatif » et le département va regarder à 360 degrés, dans les dix départements de la nouvelle région mais aussi vers le Bade-Wurtemberg, pour créer de la richesse et développer l’emploi.

Des économies

Economies tout d’abord. C’est en regardant bien au fond de ses poches que le département a trouvé 19.7 millions d’euros, durement économisés en limitant et en optimisant les dépenses de fonctionnement, dont 6 millions d’euros sur les frais généraux et de gestion ou encore grâce à une diminution de diverses manifestations (-56 %). « Pour chaque euro dépensé, il faut vérifier que cela a un effet de levier sur l’emploi, sur le développement économique, sur l’attractivité du territoire, ou répondre à un vrai besoin de la vie quotidienne des habitants », assure Frédéric Bierry.

« Lorsque l’Etat baisse les dotations, cela a des conséquences. Paris ne nous entend pas. Je tire la sirène d’alarme. » Une gestion « dans la crise » qui amène aussi le département à supprimer certains engagements d’aide à l’investissement associatif ou bien encore de ne plus financer l’hébergement d’urgence, une compétence de l’Etat selon l’élu.

Etre créatif et collectif

Créativité ensuite. Le département compte bien travailler en équipe et jouer collectif pour réduire les coûts tout en étant performant et multiplier les partenaires. « La grande région doit être un outil de développement sur son nouveau périmètre », souligne l’élu. Autre partenariat nécessaire pour le département, le fortuné Bade-Wurtemberg d’où la nécessité de favoriser le bilinguisme pour « donner envie aux jeunes de s’y rendre ». Priorité est donnée à l’emploi, avec « tous les acteurs économiques », à la formation et à l’accompagnement.

« Pour aller chercher des emplois avec les dents », dixit Frédéric Bierry, le département mise aussi sur ses conseillers emplois, qui vont directement évaluer avec les entreprises les emplois non pourvus afin d’assurer des formations qui collent au marché. D’autre part, le département injectera 122,7 millions d’euros dans l’économie alsacienne au profit des artisans et des entreprises locales avec les projets d’investissement et d’infrastructures qu’il financera.

Le budget 2016 qui est soumis au vote ce vendredi avoisine les 1,1 milliard d’Euros.