Star Wars épisode VII: Disney France refuse à un cinéma strasbourgeois de projeter le film

CULTURE Le cinéma Star Saint-Exupéry à Strasbourg n’a pas obtenu le droit de projeter le film Star Wars épisode 7, un coup dur en cette période déjà très difficile pour les cinémas d’art et essai…

Gilles Varela

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Storm Troopers lors de la première mondiale de Star Wars: Le réveil de la force. Hollywood, Californie le 14 décembre 2015.AFP PHOTO /VALERIE MACON
Storm Troopers lors de la première mondiale de Star Wars: Le réveil de la force. Hollywood, Californie le 14 décembre 2015.AFP PHOTO /VALERIE MACON — AFP

La force obscure s’est abattue sur les cinémas d’art et essai Star et Star Saint-Exupéry à Strasbourg. Ne pouvant obtenir de Disney France une copie en version originale du dernier épisode de la saga Star Wars, Le Réveil de la Force, Stéphane Libs, leur directeur avait saisi la médiatrice du cinéma (auprès du Centre national du cinéma), mais n’a pas eu gain de cause.

Patienter jusqu’au 30 décembre

Face à l’impossibilité de trouver un terrain d’entente, le directeur a saisi la justice en référé auprès du tribunal de commerce de Paris, un référé heure par heure vu le peu de temps avant la sortie nationale du film. Mais la décision n’est tombée que lundi soir et il a été débouté de l’ensemble de ses demandes.

« Nous ne projetterons le film qu’à partir du mercredi 30 décembre, en VOST et 2D. C’est un moindre mal. Tout le monde sait que pour ce type d’exploitation, tout va se jouer dans les deux premières semaines, c’est un film pulsion. Je présente trois films block buster dans l’année, c’est un film tout public qui intéresse les cinéphiles », se défend Stéphane Libs.

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En plus du manque à gagner sur les entrées qu'il ne pourra réaliser, le cinéma devra également s’acquitter des frais de justice estimés par Stéphane Libs à 11.000 euros. Difficile pour un cinéma indépendant.

Une copie en VO dans un autre cinéma du centre ville

Début novembre, Disney France avait annoncé aux cinémas Star et Star Saint Exupéry (comme onze autres cinémas en France) qu’ils ne pourraient pas avoir la copie en version originale de Star Wars, Le réveil de la force. Une pétition lancée par des directeurs de salles dont Stéphane Libs, également président du Syndicat des cinémas d’art de répertoire et d’essai (Scare), avait immédiatement circulé sur le Web et réuni rapidement plus de 16.000 signatures. En vain.

« C’est un coup dur car c’est la plus grosse sortie de l’année. Il n’y a eu aucune possibilité de négociation pendant la médiation d’autant plus que j’ai appris pendant celle-ci que le cinéma Vox avait fait la demande d’une copie en version originale également, et que cela avait été accepté, (en plus d’une VF). Cela m’a coupé l’herbe sous le pied », regrette amèrement Stéphane Libs. Si lors des médiations certaines villes ont obtenu gain de cause, (toutes les situations étant très différentes les unes des autres, précise le directeur), Saint-Etienne et Strasbourg qui avaient mené la fronde ont toutes deux essuyé une réponse négative. « Ce n’est pas un hasard », reproche Stéphane Libs.

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De lourdes conséquences

Une décision économique difficile à accepter, d’autant plus qu’en cette fin d’année, la fréquentation des cinémas est en baisse, impactée par les craintes du public suite aux attentats de Paris mais aussi particulièrement à Strasbourg, « avec les contraintes de sécurité et des stations de tram qui sont fermées le Week-end ou bien encore la difficulté de venir en voiture », explique Stéphane Libs. Mais au-delà de la perte économique, c’est aussi la liberté dans leur choix de programmation que les cinémas indépendants sont touchés.

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