Vidéo. Strasbourg: La salle de shoot va rentrer dans sa phase opérationnelle

SANTE Avec l’adoption de la loi permettant l’expérimentation des salles de consommation de drogue à moindre risque, la ville, qui s’est portée volontaire s’apprête à voter son budget…

Gilles Varela
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La ministre de la Santé Marisol Touraine a défendu mercredi l'expérimentation d'une salle de shoot à Paris, estimant qu'il fallait apporter "des réponses sans tabou" au problème de la toxicomanie.
La ministre de la Santé Marisol Touraine a défendu mercredi l'expérimentation d'une salle de shoot à Paris, estimant qu'il fallait apporter "des réponses sans tabou" au problème de la toxicomanie. — Joseph Eid afp.com

A Paris, Strasbourg, puis à Bordeaux, les salles de consommation de drogue à moindre risque (SCMR), communément appelées salle de shoot, vont être prochainement mises en place. Avec l’adoption de la loi permettant l’expérimentation des salles de consommation de drogue à moindre risque (SCMR), celle de Strasbourg va rentrer dans sa phase opérationnelle. Le projet d’expérimentation qui a rassemblé la majorité des élus va donc voir le jour, avec le vote de son budget lundi prochain lors du Conseil municipal. « Les consommateurs de drogues sont des personnes à la fois hors la loi mais aussi des malades dépendants. La SCMR permettra qu’il y ait moins de risque lors du process de consommation et médicalement, cela les aidera à en sortir, avec un traitement de substitution dans un premier temps », a rappelé le Maire Roland Ries.


Suisse : les salles de shoot font partie du paysage urbain

Une fois que la loi sera promulguée, normalement le 18 décembre, c’est l’association Ithaque, acteur reconnu dans la prévention en matière de toxicomanie, forte de son expérience via sa structure médico-sociale qui accueille déjà les usagers de drogues, qui portera le projet.

Sous la supervision des professionnels de santé

Les locaux devraient être ouverts sur une plage horaire de sept heures, tous les jours même le week-end avec des médecins, des travailleurs sociaux des infirmières, un vigile, soit une dizaine de personnes au total. La SCMR est destinée à des toxicomanes très désocialisés pour éviter qu’ils se droguent dans la rue. Elle n’accueillera que des usagers majeurs, qui viendront avec leur produit pour consommer sur place, sous supervision de l’équipe de professionnels de santé. Un projet de réinsertion sociale sera également mis en place. Une dizaine de personnes par jour sont attendues dans les premiers temps soit dès l’ouverture prévue mi-octobre 2016. La SCMR sera située dans l’ancien bâtiment de chirurgie thoracique de l’hôpital civil. Pour des raisons de sécurité et afin de rassurer le personnel médical et l’ensemble des patients de l’hôpital, la SCMR sera directement accessible depuis le quai Pasteur.

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Le coût de l’opération, qui fait partie du budget de la ville voté lundi prochain lors du Conseil municipal, avoisine les 400.000 euros (principalement pour rénovation des locaux) et sera réparti principalement entre l’ARS (150.000 euros) qui prendra en charge les frais de fonctionnement via des budgets dédiés, les HUS (50.000 euros), la ville (150.000 euros) et d’autres financeurs.