Déraillement d'un TGV en Alsace: Un freinage «tardif» à l'origine de l'accident

ENQUETE Le train, qui a entamé son freinage 1 kilomètre trop tard, a abordé la portion de raccordement entre la LGV et la ligne classique à 243 km/h au lieu de 176 km/h. Aucun autre dysfonctionnement n’a été établi…

Floréal Hernandez

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Strasbourg, le 15 novembre 2015. - Opération de levage de la motrice du TGV Est accidenté dans le canal de la Marne au Rhin. L'accident survenu le 14 novembre a fait onze victimes.
Strasbourg, le 15 novembre 2015. - Opération de levage de la motrice du TGV Est accidenté dans le canal de la Marne au Rhin. L'accident survenu le 14 novembre a fait onze victimes. — G. Varela / 20 Minutes

L’enquête avance sur les causes de l’accident. Une « séquence de freinage trop tardif », est à l’origine de l’accident d’un TGV d’essais qui a fait 11 morts samedi en Alsace, et le train a déraillé à 243 km/h, a annoncé la SNCF jeudi lors d’une conférence de presse.

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Hors la vitesse, aucune autre cause n’explique l’accident

C’est ce qui ressort des premiers éléments de l’enquête menée en interne par la SNCF et que la compagnie ferroviaire a communiqué ce jeudi. Deux autres enquêtes sont en cours, celle du Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) et celle menée par la gendarmerie. Le parquet de Strasbourg fait une conférence de presse ce jeudi à 14h.

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Christian Cochet, le directeur général Audits et Risques à la SNCF, a détaillé le trajet du train. Le TGV est parti vers 14h de la gare de Meuse et est monté progressivement en vitesse pour atteindre les 352 km. Soit une vitesse « 10 % au-dessus vitesse d’exploitation de la ligne ».

 

Le TGV Est accidenté à Eckwersheim. - G. Varela/20 Minutes

 

En arrivant à hauteur du pont d’Eckwersheim, le train a alors connu une phase de décélération où il circulait à 243 km/h. Mais au-dessus de la vitesse définie de 176 km/h. « Cette vitesse trop importante est due à une séquence de freinage trop tardive et a eu pour conséquences le basculement de la rame à l’extérieur », explique Christian Cochet. L’analyse des boîtes noires n’a pas permis hors une vitesse trop importante « d’autres potentielles causes à l’origine de l’accident », poursuit-il.


Guillaume Pépy, le président de la SNCF, a annoncé que « des procédures disciplinaires vont être engagées » ainsi que « des suspensions conservatoires vont être décidées après les auditions des intéressés ».

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La SNCF interdit les visiteurs dans les trains test

Suite à cet accident, la compagnie ferroviaire a pris quatre décisions. Elle va prendre, a annoncé Guillaume Pépy, « des mesures conservatoires sur les conditions de réalisation des essais sur la ligne ». Elle gèle « les marches d’essai à grande vitesse jusqu’à l’intégration des premiers enseignements ». Enfin, la SNCF va « interdire présence de personnes n’appartenant pas à l’équipe projet » dans les trains test et « renforcer le processus d’autorisation des présences à bord ».

Pour rappel, le TGV transportait 53 personnes dont quatre mineurs. Le soir même de l’accident, Guillaume Pépy déclarait à propos des enfants présents dans la rame. « Ça n’est pas une pratique que la SNCF reconnaît. Un train de test est un train de test. On n’est pas dans une pratique touristique ou commerciale. »