Strasbourg: Le zoo de l'Orangerie va-t-il conserver ses singes ?

SOCIETE Le parc zoologique de Strasbourg va devoir évoluer. Mais vers quoi? Les réflexions débutent ce mardi...

Gilles Varela

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Un lémurien au zoo de L'orangerie de Strasbourg, le 31 mars 1999
Un lémurien au zoo de L'orangerie de Strasbourg, le 31 mars 1999 — GERARD CERLES / AFP

Les singes, les aras, le lynx et bien d’autres animaux ont-ils encore leur place dans le zoo de l’Orangerie ? Que doit-on présenter aux enfants ? Quel avenir pour les structures vieillissantes qui sont pour certaines classées aux monuments historiques ?

Pour débloquer la situation

Si des travaux de réhabilitation (pour un montant de 1,5 million d’euros) sont prévus sur le budget 2016-2017 pour la Mini ferme qui présente des « animaux domestiques », le temps est venu d’envisager l’avenir du parc zoologique en lui-même car le zoo suscite bien des controverses, bloqué par des avis divergents et une situation confuse où la ville est propriétaire des lieux mais où l’association des amis du zoo de l’Orangerie est propriétaire des animaux. Pour « débloquer cette situation », une première commission thématique s’est tenue ce mardi sous forme d’une visite, marquant ainsi le lancement officiel des travaux de réflexion afin d’élaborer un avant-projet sur son évolution. Un projet qui devrait être présenté au Conseil municipal d’ici la fin de l’année ou au plus tard début 2016.

Christel Kohler, adjointe au maire en charge de l’environnement et Nicolas Herrenszchmidt, président de l’association des amis du zoo de l’Orangerie, ont présenté à cette occasion les « coulisses » du parc aux membres de cette commission composée en autre de membres de la LPO, de la SPA, d’Alsace Nature, du zoo de Mulhouse, de l’association de défense des intérêts du quartier…

Pour le bien-être des animaux

Christel Kohler insiste sur la nécessité de conservation des lieux « difficilement compatibles en l’état actuel avec les normes du bien être des animaux » mais aussi l’aspect pédagogique du zoo qu’elle souhaite « plus ouvert », notamment aux scolaires. S’interrogeant sur la présence d’animaux exotiques au zoo, elle met en avant la proximité, notamment la faune locale et la pédagogie pour sensibiliser les jeunes générations à la bio diversité et la protection des animaux.

 

Dans les coulisses du parc zoologique. Des bâtiments vieillissants… Strasbourg le 10 novembre 2015. - G. Varela/20 Minutes

 

Des avis qui divergent

Un avis que partage en partie Eric Schultz adjoint au maire et d’EELV, qui s’oppose totalement à la présence des singes et autres animaux exotiques au zoo. « Nous sommes dans une démarche de préservation des espèces animales, de protection de la bio diversité, ce ne doit pas être un zoo de divertissement sans aucun projet pédagogique derrière qu’il faut financer. On ne peut pas mettre de l’argent public et recommencer sur ce modèle dépassé. Il faut sensibiliser les jeunes en ville pour les amener voir ailleurs, dans des espaces favorables, les animaux sauvages. »

Un avis diamétralement opposé à celui de Nicolas Herrenschmidt dont l’association est propriétaire des animaux du Zoo. Ce dernier qui espère la réhabilitation des lieux et de meilleures installations, n’envisage aucunement que les primates ou le lynx puisse disparaître du centre-ville. « Un parc zoologique doit présenter des animaux exotiques. comme les singes qui attirent le plus de visiteurs au zoo. S’ils veulent voir des animaux domestiques, il y a la Mini ferme pour ça. »