Strasbourg: Une molécule géante pour lutter contre le virus Ebola

SANTE Des chimistes du CNRS et de l'Université de Strasbourg ont participé à des travaux visant à inhiber l'entrée du virus Ebola...

Alexia Ighirri

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Le virus Ebola
Le virus Ebola — Frederick Murphy/AP/SIPA

Au moment où des pays trouvent une porte de sortie à l’épidémie Ebola, des scientifiques sont sur le chemin de trouver de quoi bloquer la porte d’entrée du virus. Une équipe internationale de chimistes, dont ceux du CNRS et de l’Université de Strasbourg, a en effet mené des travaux dans le but de trouver une solution pour inhiber l’entrée du virus Ebola dans des cellules en culture et bloquer l’infection. 20 Minutes vous explique la teneur de ces travaux.

De quoi s’agit-il ?

Schématisons : les chimistes ont développé une méthode ultrarapide pour réaliser une méga-molécule dont la capacité à empêcher l’entrée du virus Ebola a été testée in vitro. Son activité antivirale s’est révélée remarquable puisque supérieure de 33 % à celle des antiviraux classiques.

Cette efficacité est due au grand nombre de sucres périphériques (120 sucres de type mannose) portés par la molécule, tandis qu'une molécule modèle ne possédant que 12 sucres est environ 1.000 fois moins active.

Quelle méthode ont utilisé les chimistes ?

Ils ont utilisé une approche appelée « chimie click ». Celle-ci permet de synthétiser rapidement des composés de grande taille en « clippant » des sous-unités les unes aux autres.

Les chimistes ont donc d’abord préparé des fullerènes (des structures en carbone pouvant prendre la forme d’un ballon de football) portant chacun 10 sucres. Ils les ont ensuite greffés sur un fullerène de 12 branches.

La méga-molécule face au virus Ebola - CNRS

Est-ce que seul le virus Ebola est concerné ?

Bonne nouvelle pour le CNRS, d’autres pathogènes peuvent être concernés, comme le virus du sida ou celui de la dengue puisque ces derniers utilisent la même « porte d’entrée » qu’Ebola.

Cependant, avant que des méga-molécules construites sur ce principe ne se retrouvent peut-être sur le marché, il reste de nombreuses étapes de développement et de tests in vitro, prévient le CNRS.