Cop21: Les bons et mauvais points de la grande région Est face au changement climatique

ENVIRONNEMENT Une étude Insee intitulée « La région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine face aux défis du changement climatique » vient d’être publiée…

Alexia Ighirri

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Vue aeriennne de Strasbourg centre.
Vue aeriennne de Strasbourg centre. — G. VARELA / 20 MINUTES

Depuis 1982, trois communes sur quatre ont été concernées par un arrêté suite à des inondations, des mouvements de terrains ou des effondrements, et un habitant sur dix de la grande région Est est concerné par un risque d’inondation, indique l’Insee dans son étude « La région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine (Acal) face aux défis du changement climatique ». Preuve, s’il en faut, que toutes les communes de l’Acal sont touchées par les conséquences du changement climatique.

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A un mois de la Conférence pour le climat Cop21 à Paris, l’Insee s’est intéressé aux avantages et inconvénients de la grande région Est face à ce défi. 20 Minutes vous résume les caractéristiques favorables ou défavorables de cette zone géographique.

Inconvénients
Secteur industriel. Dans la balance des rejets de gaz à effet de serre, l’Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine (et notamment la Lorraine) pèse par ses caractéristiques industrielles. Côté consommation d’énergie, elle est imputable à l’industrie à hauteur de 36 % en Acal, contre 24 % en province.

Logements anciens. En Acal, plus de 60 % des logements ont été construits avant 1975, date de la mise en place de normes d’efficacité énergétique dans la construction, soit une proportion largement supérieure au taux national, note l’Insee. Même tendance dans le Bas-Rhin, où 58 % du parc du logement du Bas-Rhin a été construit avant 1975 selon une étude l’Agence de développement et d’urbanisme de l’agglomération strasbourgeoise (Adeus) sur la consommation énergétique des ménages. Or le parc de logements plus ancien est plus énergivore.

Temps d’accès à l’emploi et aux services. Autre désavantage, les temps d’accès aux équipements dits de proximité sont plus longs en Acal qu’ailleurs. Ainsi, près de 232.000 personnes dans la région, soit 4,2 % de la population, résident à plus de sept minutes de ces équipements (contre 2,3 % en métropole). Les habitants sont donc contraints d'effectuer des trajets plus longs, souvent en voiture, et donc de produire davantage de gaz à effet de serre. L’Adeus a remarqué que la distance moyenne parcourue en Alsace pour aller travailler en dehors de sa commune a augmenté de 8 % entre 1999 et 2009. Par ailleurs, seulement 12 % des communes bas-rhinoises permettent un accès dans la proximité à l’ensemble des services du quotidien tels que les commerces ou la santé.

Avantages
Pression démographique. Si l’on aborde ce thème du seul point de vue du bilan écologie, l’atonie démographique expliquée par l’Insee devient un atout pour la région. En Acal, la population croît doucement, avec un peu moins de 8.500 nouveaux habitants par an entre 2007 et 2012. Un rythme 3,4 fois inférieur à celui de la métropole. Ce qui permet de limiter l’artificialisation des sols qui se fait au détriment des surfaces agricoles et des forêts.

Energies renouvelables. Question production d’énergie, l’Acal se distingue par la présence sur son territoire de centrales nucléaires anciennes (dont la plus vieille, Fessenheim). Si la région produit un cinquième de l’énergie nucléaire française, elle dispose aussi d’un mix énergétique varié : l’hydroélectricité en Alsace, l’éolien en Champagne-Ardenne et dans la Meuse, le bois et les agrocarburants en Champagne-Ardenne. La part d’énergie renouvelable produite et consommée en Acal est de l’ordre de 20 %.

Parc de véhicules. Au vu de la prépondérance de la voiture dans les déplacements, on peut se réjouir que le parc de véhicules soit devenu moins polluant ces dix dernières années. Le nombre de véhicules dont les émissions ne dépassent pas 120 grammes de CO2 par kilomètre a été multiplié par 4,5 entre 2003 et 2013.