Parlement européen: Une campagne pour le siège unique à Strasbourg lancée à Bruxelles

EUROPE L’ancienne eurodéputée strasbourgeoise Catherine Trautmann a tenu une conférence de presse au sein du quartier européen à Bruxelles pour « THE Seat »…

A.I. avec AFP

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Le Parlement européen à Strasbourg. (Archives)
Le Parlement européen à Strasbourg. (Archives) — G. VARELA / 20 MINUTES

Un nouveau chapitre est en train de s’écrire dans la bataille du siège du Parlement européen, avec cette fois les « pro-Strasbourg » en ordre de bataille. Mercredi, l’ancienne eurodéputée et actuelle vice-présidente de l’Eurométropole Strasbourg, Catherine Trautmann, a lancé au sein du quartier européen à Bruxelles une campagne pour faire de Strasbourg le siège unique du Parlement européen, liant l’avenir politique de l’assemblée à son siège alsacien, à l’abri de la « bureaucratie » bruxelloise.

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Cette campagne, baptisée « THE Seat », affirme que le fait de « regrouper à Bruxelles les pouvoirs exécutifs et législatifs de l’Union va renforcer bureaucratie et opacité, à l’opposé de l’ambition politique et démocratique qui doit caractériser l’Union européenne en ces temps difficiles ». A sa tête Catherine Trautmann promet un « débat ouvert », venant s’opposer aux partisans de Bruxelles.

« La campagne contre Strasbourg a pesé sur l’institution du Parlement européen. Les gens parlent plus des coûts douteux que des décisions » prises par l’assemblée, a regretté Catherine Trautmann, rappelant que les traités fondateurs de l’Union prévoient que le siège soit à Strasbourg.

A bonne distance des lobbies installés en Belgique, obligeant les dirigeants à se déplacer pour s’expliquer devant les députés, le siège de Strasbourg est une particularité qui doit être conservée, plaident les avocats de THE Seat. Selon eux, le rôle du Parlement s’est affaibli après le Traité de Lisbonne et la création du Conseil européen, et rétablir sa légitimité passe par l’organisation de l’équilibre entre exécutif et législatif.

Rien à envier à Bruxelles

Strasbourg n’a rien à envier à la capitale belge, selon l’ex-élue européenne : de nombreuses institutions de la coopération internationale y sont installées, comme le Conseil de l’Europe ou la Cour européenne des droits de l’homme, ou du domaine scientifique comme la Fondation européenne de la science.

Par ailleurs, la deuxième phase du TGV Est en avril 2016 promet un trajet réduit entre les trois grands pôles européens : Bruxelles, Strasbourg et Luxembourg, mettant les deux premiers à un peu plus de 3H30 de train direct.

Autre argument en faveur de la capitale alsacienne, a souligné Catherine Trautmann : la congestion du quartier européen bruxellois et les informations qui circulent sur d’importants travaux de réparation, voire de reconstruction, que devraient subir les bâtiments du Parlement à Bruxelles.