Strasbourg: Les antinucléaires ne veulent pas d'un «Fukussenheim»

NUCLEAIRE Jeûne, rassemblements de soutien, les antinucléaires fustigent Ségolène Royal et le président Hollande, alors que le jeûne place Kléber continue…  

Gilles Varela

— 

Jeûne pour la fermeture de la centrale nucléaire de Fessentheim. Strasbourg le 21 10 2015
Jeûne pour la fermeture de la centrale nucléaire de Fessentheim. Strasbourg le 21 10 2015 — G. Varela / 20 Minutes

C’est le 19e jour de jeûne pour Pierre Rosenzweig, membre de Stop Fessenheim et du réseau Sortir du nucléaire dans le cadre d’une « veille-actions » organisée à Strasbourg par le collectif Convergences des luttes en Alsace et ailleurs. Et cela va durer jusqu’au 31 octobre. Ce qu’il demande, c’est l’arrêt de la centrale de Fessenheim car il ne veut pas d’un « Fukussenheim ».

« Une démarche positive et citoyenne »

Avec son stand au pied de l’Aubette place Kléber, il invite, soutenu par d’autres militants qui se relaient, à venir discuter sur le nucléaire : « C’est une démarche positive, une mobilisation sur le long terme, une demande aux gens de se mobiliser, d’avoir une attitude citoyenne et pas militante, afin de discuter sur la place publique car c’est ça la démocratie participative. Les manifestations et les pétitions ne suffisent plus. C’est complémentaire mais cela ne sert pas à grand chose de venir signer une pétition pour se donner bonne conscience et puis de repartir ».

Jeûne pour la fermeture de la centrale nucléaire de Fessentheim. Strasbourg le 21 10 2015 - G. Varela/20 Minutes

« Une véritable régression »

Un jeûne et une action qui sera ponctuée d’événements comme l’appel à un rassemblement de soutien, samedi place Kléber, où les Strasbourgeois sont invités à « sauter un repas » pour soutenir le jeûne, avec des petits ateliers.

Et ce n’est pas les propos tenus dernièrement par la ministre de l’écologie Ségolène Royal ou du président Hollande, confirmant « la volonté de voir le processus de fermeture engagé en 2016 pour une fermeture effective en 2018 », qui rassure Pierre Rosenzweig et les militants de la place Kléber. « Ils bottent en touche comme au rugby et cela se perd comme toutes les touches de l’équipe de France », s’exalte Pierre Rosenzweig, personnage passionné et friand de métaphores. « Même si c’est vrai que la seule petite avancée, c’est de se focaliser en priorité sur la centrale de Fessenheim et pas une autre comme il en a été question à un moment », concède Pierre Rosenzweig.

>>A lire aussi : Ségolène Royal veut une fermeture « effective en 2018 »

« C’est une régression totale par rapport à la promesse de Hollande. La fermeture de Fessenheim n’était pas liée à l’ouverture de l’EPR dans les promesses du président. C’est un piège à con, une manipulation de l’opinion publique. Ce n’est que repousser une promesse, la fermeture devait avoir lieu avant 2017 selon les promesses électorales. C’est bafouer la démocratie et faire payer le contribuable », s’insurge Pierre Rosenzweig.

L’action de jeûne se conclura par une « soupe antinucléaire » le 31 octobre lors d’un rassemblement annoncé par les organisateurs comme « citoyen et bon enfant de 11h à 16h. mais le collectif qui réclame un vrai changement de la politique énergétique l’assure, : « La veille actions » sera reconduite au printemps 2016.