Football: Beaucoup d'Espoirs strasbourgeois mais peu de confirmation

SPORT Mardi, l’équipe de France Espoirs affronte l’Ukraine à la Meinau à 18h45. Que sont devenus les Espoirs du Racing ?….

Floréal Hernandez

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L'attaquant strasbourgeois Kevin Gameiro en janvier 2006.
L'attaquant strasbourgeois Kevin Gameiro en janvier 2006. — G . VARELA / 20 MINUTES

Des photos de Kevin Gameiro, Habib Bellaïd, Ricardo Faty, Simon Zenke ou Morgan Schneiderlin sont accrochées dans le hall du centre de formation strasbourgeois. Tous en sont issus et tous ont été immortalisés avec le maillot du Racing.

Ketkeo bientôt en photo ?

Tous sont également passés par la sélection Espoirs française ou celle de leur pays d’origine. « C’était le critère pour avoir sa photo affichée, explique François Keller, directeur du centre de formation qui a entraîné tous ces jeunes joueurs en CFA. Aujourd’hui, on accroche les photos aussi de ceux qui se sont imposés en Ligue 1. » Le Rémois Anthony Weber a été placardé. « Bientôt Peuget [Reims] et Ketkeophomphone [Angers] », espère le formateur.

 

L’attaquant strasbourgeois Billy Ketkeophomphone lors d’un match de Coupe de France à Biesheim, en novembre 2009. - G. VARELA/20 MINUTES


Les Espoirs, c’est la dernière sélection d’âge dans le foot. Nombreux sont les joueurs – notamment strasbourgeois – à être convoqués mais peu atteignent ensuite les A. « Les joueurs et leurs parents se réjouissent d’une sélection en Espoirs ou en équipe de France jeunes mais on sait que ça ne veut rien dire », commente François Keller.

« Une carrosserie de Ferrari mais un moteur de 2 CV »

Le formateur image : « Certains jeunes joueurs ont une carrosserie de Ferrari mais un moteur de 2 CV. La qualité est là mais en grandissant, ils n’arrivent pas à suivre athlétiquement. » Ça explique le fossé qui s’est creusé entre les attentes nées sur un jeune joueur et le déroulé de sa carrière. On pense à Loïc Damour (de U16 à U20) ou Marco Rosenfelder (U17, U18), suivis par les plus grands clubs européens et aujourd’hui en L2 à Bourg-en-Bresse ou en CFA à Mulhouse.

>> Episode 1 du documentaire A la Clairefontaine avec Habib Bellaïd et Ricardo Faty.



Le directeur du centre de formation souligne aussi qu’il « est plus facile d’être dans une équipe de France jeunes quand on sort de l’INF Clairefontaine. Les coachs connaissent ces joueurs, ils ont une côte ». Il cite Kevin Gameiro boudé par les sélections nationales en jeunes. « Il venait de l’Oise, jouait à Strasbourg. Qui le connaissait ? » Aujourd’hui, les gardiens se méfient du double vainqueur de la Ligue Europa avec le FC Séville.

Schneiderlin, un cas à part

D’autres joueurs font des choix de carrière qui les éloignent d’une possible sélection. Le nom de Magaye Gueye vient à l’esprit. Si après les Espoirs, il a connu la sélection olympique sénégalaise en 2012, aujourd’hui, l’attaquant est en deuxième division turque. « Certains joueurs ont besoin d’étapes intermédiaires. C’était peut-être le cas de Magaye, lance François Keller. Ça l’a été pour Cédric Kanté, Yacine Abdessadki ou Anthony Weber. » Et puis, il y a aussi les joueurs forts très tôt comme Habib Bellaïd, aujourd’hui en Norvège, et qui sur la durée peinent à confirmer, à exploiter tout leur potentiel.

 

Habib Bellaïd sous le maillot du Racing club de Strasbourg lors de la saison 2006-2007. - G. VARELA/20 MINUTES

 

Reste le cas Morgan Schneiderlin, aujourd’hui le seul Strasbourgeois en équipe de France. Le milieu a été de toutes les sélections jeunes et il a passé les étapes une à une en deuxième et troisième divisions anglaises avant la Premier League, les Bleus et Manchester United. Ce qui ressemble au parcours parfait.