Strasbourg: Un nouveau lycée musulman avant une faculté de théologie

EDUCATION Le premier lycée musulman privé d'Alsace vient d'ouvrir ses portes à Hautepierre...

Gilles Varela

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Strasbourg le 06 octobre 2015. Le lycée privé musulman Yunus Emre à Strasbourg dans le quartier de Hautepierre.
Strasbourg le 06 octobre 2015. Le lycée privé musulman Yunus Emre à Strasbourg dans le quartier de Hautepierre. — G. Varela / 20 Minutes

C’est un lycée comme les autres, ou presque. Avec moins d’élèves et surtout une option qu’aucun autre en Alsace ne propose : la possibilité pour les élèves de suivre un double cursus, celui de l’Education nationale et celui de l’enseignement confessionnel en vigueur en Turquie. à raison de trois heures et demie par semaine pour les cours de religion.

Strasbourg le 06 octobre 2015. 06102015-STR-Le lycée privé musulman Yunus Emre à Strasbourg dans le quartier de Hautepierre. - G. Varela/20 Minutes

 

Un projet ambitieux

Mais le lycée Yunus Emre, situé à Hautepierre, est la première pierre d’un projet bien plus ambitieux, une sorte de « campus universitaire musulman » qui serait le premier en son genre et de cette envergure en Europe. Avec une formation pour les musulmans francophones qui veulent devenir imams, une mosquée, des petits commerces, un centre d’hébergement, un institut d’art islamique, une école de calligraphie…

Porté par l’Union des affaires culturelles turco islamiques de Strasbourg (DITIB), le lycée n’a ouvert ses portes que ce lundi. Il ne comprend pour l’instant qu’une seule classe de seconde « classique », avec 16 élèves (dont neuf filles), et une autre seconde dite « préparatoire » pour huit élèves qui n’avaient pas le niveau.

 

Strasbourg le 06 octobre 2015. 06102015-STR-Le lycée privé musulman Yunus Emre à Strasbourg dans le quartier de Hautepierre. - G. Varela/20 Minutes

 

« Nous visons l’excellence »

« Nous avons reçu une quarantaine de demandes d’inscription, mais le jury n’a retenu que 24 élèves », explique Murat Ercan, le président du lycée et coordinateur du projet au sein de la DITIB. Nous visons l’excellence, et espérons les 100 % de réussite au baccalauréat. L’année prochaine nous ouvrirons la première et l’année suivant la terminale. »

A terme l’association Ditib espère que l’établissement passera sous contrat avec le rectorat, mais pour cela elle doit attendre une période d’observation de cinq ans. En attendant, elle assure elle-même ses frais de gestion qui avoisinent les 300.000 euros. grâce aux frais d’inscriptions qui courent de 750 euros à 2.000 selon les revenus. La différence est couverte par des dons de particuliers, des lieux de cultes (l’association gère 71 lieux de cultes), d’autres DITLIB européennes, d’entrepreneurs, mais aussi de la Turquie. « C’est le seul moyen quand vous avez un grand projet de lui donner le jour. Il faut demander à son pays d’origine, c’est pareil pour d’autres communautés », assure Murat Ercan.

Strasbourg le 06 octobre 2015. 06102015-STR-Le lycée privé musulman Yunus Emre à Strasbourg dans le quartier de Hautepierre. - G. Varela/20 Minutes

 

« Être musulman n’est pas un critère déterminant »

Si l’école suit strictement le programme de seconde du rectorat, elle propose en option des cours de turc mais aussi d’arabe. Concernant la religion, Murat Ercan l’assure, « nous ne voulons pas être discriminatoires. Etre musulman n’est pas un critère prédominant pour intégrer l’école, les cours sont mixtes, les bons élèves peuvent venir de tous les horizons. »

La DITIB qui possède cinq bâtiments d’environ 2.000 m2 chacun, dispose des infrastructures nécessaires pour ouvrir sa faculté de théologie. D’ailleurs, le lycée est provisoirement installé dans les locaux de la future université et sa rénovation a été faite en ce sens. « Il faut que l’on puisse vivre notre religion dans la dignité. Cette faculté, soutenue par les autorités françaises et turques est en cours de négociation avec le bureau central des cultes, rattaché au ministère de l’Intérieur français, le ministère des affaires étrangères et la Turquie. Il permettra de faciliter l’insertion de l’islam en France. Nous l’avions déjà mis en place en 2013 mais pour un problème de reconnaissance de diplôme, le projet a dû être abandonné. Pour l’instant, il y a un accord entre la France et la Turquie et nous avons envoyé nos 151 imams français se former en Turquie, mais les futures générations d’imams doivent être formées en France. »