Turquie: Erdogan au Zénith de sa popularité à Strasbourg

POLITIQUE Le meeting du président turc au Zénith de Strasbourg a rassemblé 12.000 ressortissants venus de France et d'Europe...

Floréal Hernandez

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12.000 personnes ont assisté au meeting du président turc Recep Tayyip Erdogan au Zénith de Strasbourg, le 4 octobre.
12.000 personnes ont assisté au meeting du président turc Recep Tayyip Erdogan au Zénith de Strasbourg, le 4 octobre. — F. Hernandez / 20 Minutes

Douze mille personnes ont ovationné Recep Tayyip Erdogan, le président turc, à son arrivée au Zénith de Strasbourg. On est loin des 30.000 annoncés. Mais il leur a fallu de la patience avant de pouvoir entendre le chef de l’Etat leur adresser « un message d’unité contre le terrorisme », explique Neslihan, arrivée de Forbach et ravie d’avoir vu Erdogan. « Ça fait du bien, plaisir de voir que les Turcs d’Europe ne sont pas oubliés », avoue-t-elle.

Hymne turc, Marseillaise et prière avant le discours

Avant d’entendre le chef de l’Etat, les spectateurs du meeting venus de France, d'Allemagne ou de Suisse ont dû passer deux contrôles de sécurité. Ensuite, les ressortissants turcs d’Europe ont attendu une heure son arrivée initialement prévue à 14h30. Puis, les hymnes de la Turquie et de la France ont été joués. Le premier a été entonné par toute la salle, La Marseillaise a été reprise ici et là notamment par un groupe de jeunes filles portant des voiles verts. Après, place à la prière et à un film où enfants, paysages, militaires et visages souriants se sont succédés. Enfin, Erdogan s’est installé derrière le pupitre.

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Là, les drapeaux turcs s’agitèrent. Pendant près d’une heure, ses mots ont été accompagnés d’applaudissements et de huées. Dans la salle, des enfants, des personnes âgées, des hipsters, des femmes voilées et un service de sécurité très présent. « Il nous a dit de rester forts, de ne pas baisser les bras face au terrorisme », raconte Metin, Schilikois accompagné de son père.

Père et fils présents au meeting de Recep Tayyip Erdogan au Zénith de Strasbourg, le 4 octobre 2015. - F. Hernandez/20 Minutes

 

Le terrorisme évoqué par Erdogan est celui du PKK. « Il a eu un discours ferme à son égard. Mais il a bien dit que le PKK, ce n’est pas les Kurdes. Ce sont des terroristes qui cherchent à semer la zizanie dans le pays, à mettre le doute », explique Hulya, qui est montée de Mulhouse pour le meeting. Si la guerre en Syrie a été citée, le président turc n’a pas fait d’allusion à Daesh.

700.000 ressortissants turcs en France

« Ça a été un discours de chef de l’Etat, pas celui d’un membre de l’AKP », annonce Sinan, 19 ans et vêtu d’un maillot du PSG. Le 1er novembre, de nouvelles élections législatives sont organisées en Turquie. En juin, l’AKP a recueilli 40 % des suffrages mais n’a pu constituer une coalition. « Il nous a invités à aller voter », raconte Emine, voile rouge sur la tête et écharpe à l’effigie d’Erdogan sur les épaules.

Parmi les 12.000 personnes présentes, il y a peu de doute qu'elles voteront pour l'AKP. La diaspora turque en France est constituée de 700.000 ressortissants. Au consulat turc de Strasbourg, on compte 75.000 électeurs inscrits.