Milovan Sikimic et les Strasbourgeois sont invaincus en National en 2015. (Archives)
Milovan Sikimic et les Strasbourgeois sont invaincus en National en 2015. (Archives) — G. Varela / 20 Minutes

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Football: Quatre raisons qui font qu'on se souviendra longtemps de Sikimic à Strasbourg

Le défenseur serbe et le Racing ont pris la décision de se séparer d’un commun accord, samedi… 

Le Racing et Milovan Sikimic, c’est fini. Le club strasbourgeois a publié, samedi, sur son site un communiqué annonçant que d’un commun accord les deux parties se séparaient. Relégué quasiment à plein-temps en tribunes (deux feuilles de match à Béziers et à Sedan), cette saison, le défenseur serbe reconnaît : « Cette issue me semblait inévitable. Ma position au sein du groupe avait évolué ces derniers temps. Or, je me sens prêt physiquement à jouer à un bon niveau. »
Voici ce que 20 Minutes retiendra de Milovan Sikimic (2009-2011, décembre 2011-octobre 2015) au Racing, lors de la période la plus mouvementée que le club a connu.

Une gueule

Crâne rasé, barbe de trois jours, regard noir, Milovan Sikimic et son mètre quatre-vingt-neuf ont de quoi impressionner. Sa maîtrise du français aussi. Sur ce visage taillé à la « serbe », se glisse régulièrement un grand sourire. Le défenseur a de l’humour et des choses à dire. Il devient l’un des joueurs préférés des supporters.
Felipe Saad s’est adressé à Milovan Sikimic à son arrivée au Racing, cet été, pour en savoir plus sur le club et la ville. Les deux défenseurs se sont croisés quelques semaines à Guingamp en 2007. Spontanément, Saad dit « intelligence » et « expérience » pour qualifier son aîné.

Une grande gueule

Le défenseur a toujours assumé ses prestations. A son arrivée à Strasbourg, il disait à 20 Minutes en septembre 2009 : « Depuis le début de saison, j’ai été nul à ch… C’est normal que je me fasse critiquer. » Une explication à ces performances lentes et pataudes : « J’ai été longtemps blessé et je ne pensais pas être en première ligne tout de suite. Il me faut encore un mois pour être au point. »
Capitaine de Laurent Fournier, Sikimic a régulièrement critiqué la gestion du club par Jafar Hilali. Dans Ouest France, à la veille du dernier match de Guingamp qui allait empêcher le RCS de remonter en Ligue 2, il affirmait : « Avec l’équipe, nous avons fait une saison exceptionnelle avec des joueurs exceptionnels sur le plan humain. Le seul truc qui n’a pas marché, c’est la direction du club, jamais présente et jamais là […] Pour être très clair, je suis en fin de contrat et j’ignore de quoi sera fait l’avenir mais si le président [Jafar Hilali] reste je m’en vais, c’est sûr et certain. Ce mec m’impressionne. Je ne comprends rien à ce qu’il fait… »

Un retour triomphal

La liquidation du club en 2011 a poussé le Serbe à quitter Strasbourg. Parti à l’Apollon Limassol, il est revenu six mois plus tard en Alsace convaincu par François Keller, Frédéric Sitterlé et des conditions salariales favorables grâce à la promesse financière tenue par Sébastien Graeff, éphémère repreneur du RCS. Le club est en CFA 2 et bataille avec Vesoul. Le retour de Sikimic coïncide avec l’écrasante deuxième partie de saison du club : 14 victoires, 4 nuls et une défaite à laquelle il ne participe pas.

>> L’égalisation de Milovan Sikimic dans le derby face à Mulhouse (1-1) à 3’25.


Un joueur de tête (en bas)

Sikimic a inscrit six buts pour le Racing en championnat. Cinq l’ont été de la tête. Il a notamment égalisé face au FC Mulhouse (1-1), lors du derby en CFA. Celui inscrit face à Dijon (3-1), le 16 avril 2010, a fait croire aux suiveurs du club qu’il pouvait se maintenir en Ligue 2. Ce soir de 33e journée, le club avait 40 points, était 15e avec 6 points d’avance sur le premier relégable. Hélas, avec seulement 2 points pris sur les cinq derniers matchs, il tombait en National. Si le défenseur a fait preuve d’une belle fidélité au Racing (L2, National, CFA, CFA 2), il a été de sa pire période : relégation en National, liquidation judiciaire, passage express de Gilbert Gress, rachat par Jafar Hilali, reprise floue de Frédéric Sitterlé.