Musique: La sensation rock alsacienne Last Train à La Laiterie ce vendredi

CULTURE Les quatre rockeurs sont la révélation musicale alsacienne de 2015...

Floréal Hernandez

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Jean-Noël Scherrer, Timothée Gérard, Julien Peultier et Antoine Bashung (de g. à dr.) composent le groupe de rock Last Train, originaire d'Altkirch (Haut-Rhin).
Jean-Noël Scherrer, Timothée Gérard, Julien Peultier et Antoine Bashung (de g. à dr.) composent le groupe de rock Last Train, originaire d'Altkirch (Haut-Rhin). — Salmanski Bartosch / Last Train

Embarquement pour La Laiterie avec Last Train, ce vendredi à 21h30. Les quatre rockeurs originaires d’Altkirch dans le Haut-Rhin sont la révélation musicale alsacienne de 2015 avec une victoire au tremplin des Inouïs du Printemps de Bourges et un passage à Rock en Seine qui a électrisé les médias. Pour Jean-Noël Scherrer, le chanteur et guitariste de Last Train, et ses trois frères de rock Timothée Gérard (basse), Julien Peultier (guitare) et Antoine Bashung, se produire à La Laiterie est une étape symbolique pour le groupe.

Jean-Noël, après votre passage au festival Rock en Seine, fin août, vous avez été encensé par la critique. Qu’est-ce que ça fait cette déferlante de superlatifs ?

Ça fait du bien d’avoir des retours positifs qui remarquent les efforts faits (sourire). Sinon, ça n’a pas changé grand-chose pour nous. On est toujours dans la même précarité financière. C’est même pire. Si on n’avait pas eu cet engouement, des tourneurs, managers, attaché de presses derrière nous, on aurait quand même fait des tournées. Peut-être pas aussi belles mais on est des acharnés, on ne s’arrête jamais.

>> Last Train avec Leaving You Now à Rock en Seine.

2015, est-ce l’année de décollage de Last Train ?

Décollage, je ne sais pas. De coup de projecteur, c’est sûr, par les scènes sur lesquelles on est passés. On n’a pas forcément été repéré par les médias. Notre rock est quelque chose de simple : deux guitares, une basse et une batterie. Par contre, les programmateurs, les scènes nous ont suivis. Ce qui nous a permis de faire Bars en Trans à Rennes ou le festival Génériq.

Vous êtes adeptes du Do it Yourself. Vous réalisez vos clips, avez monté votre label – Cold Fame Records –, organisé vos tournées. Pourquoi ce choix de tout faire vous-même ?

Si tu ne fais pas ton développement, ta promotion, ton tour [caler les dates de concert], personne ne le fera pour toi. Ça nous a permis de nous lancer. Maintenant, on est entourés, aidés par beaucoup de personnes. On n’a pas envie de dire « Fuck » à tout le monde. On a envie d’apprendre, de travailler avec d’autres.

Tous les quatre, vous avez 20, 21 ans. Avez-vous tous arrêté vos études pour vous lancer dans le rock ?

On est tous contents de dire qu’on a au moins un bac +2. Sur la fin, ça a été très compliqué de gérer études, tournée et production. Mais nous n’avons pas lâché.

Quand vous avez monté le groupe en 2005, à 10 ou 11 ans, La Laiterie était-elle une scène qui vous faisait rêver ?

La Laiterie, comme les Eurockéennes ou le Noumatrouff, est un symbole pour tous les groupes alsaciens. Il faut la faire une fois dans sa vie. On a été spectateur ou festivalier de ces scènes. La Laiterie, on a eu la désillusion en 2014 de voir le concert de Triggerfinger annulé alors qu’on devait faire la première partie. Finalement, c’est mieux. On va monter sur sa scène avec une meilleure attitude scénique. Il ne faut pas provoquer ces scènes. Quand tu es prêt, elles viennent à toi.

Ce vendredi soir, vous aurez des potes à La Laiterie.

Quelques-uns seront là. On ouvre quasiment notre tournée de 40 dates à Strasbourg [c’est la troisième date] et on la fermera au Noumatrouff à Mulhouse, le 19 décembre. Ça a du sens pour nous.

Le clip Cold Fever est un bel hommage à Strasbourg.

C’est une ville où on s’est pas mal éclatés. Deux d’entre nous y faisaient leurs études. On montait à Strasbourg pour le week-end, pour faire la fête. On aime cette ville.

>> Le clip Cold Fever.

Vous aimez cette ville mais vous n’y habitez pas.

Non, deux d’entre nous sont basés à Lyon et les deux autres sont sans point d’attache fixe car on est souvent en tournée. On est parti s’installer à Lyon car on voulait produire un groupe lyonnais Holy Two. On ne connaissait pas le marché musical là-bas. Plutôt que d’entrer en concurrence avec des amis en restant en Alsace, on a préféré monter notre label Cold Fame Records et notre agence de tour à Lyon.