Elections régionales: Qui pour remplacer Nadine Morano dans le Grand-Est?

POLITIQUE Retour sur la polémique qui pourrait coûter cher à l'eurodéputée candidate aux régionales après ses propos sur «la race blanche»...  

Alexia Ighirri

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Paris, Hotel Pullmann Montparnasse, 5 avril 2011. - Arrivee de deivers ministres a l'occasion du debat sur la laicite preside par Jean Francois Cope. - Photo : Sebastien Ortola
Paris, Hotel Pullmann Montparnasse, 5 avril 2011. - Arrivee de deivers ministres a l'occasion du debat sur la laicite preside par Jean Francois Cope. - Photo : Sebastien Ortola — S. ORTOLA / 20 MINUTES

La polémique n'en finit plus. Ce mercredi, Nicolas Sarkozy a saisi les instances nationales des Républicains pour retirer l'investiture pour les régionales à Nadine Morano dans le Grand-Est. Depuis samedi soir, Nadine Morano est dans la tourmente. L’eurodéputée, candidate en Meurthe-et-Moselle sur la liste Les Républicains-UDI-Modem menée par le président de la région Alsace Phillipe Richert, pourrait payer très cher ses propos sur la « race blanche » tenus chez Laurent Ruquier. Retour sur la polémique et ses conséquences.

Pourquoi risque-t-elle d’être évincée ?
Il n’a pas d’abord été question de l’écarter du scrutin régional. Mais la polémique a pris de l’ampleur. Une pétition a été mise en ligne sur Change.org par un lycéen strasbourgeois, qui compte près de 60.000 signatures aujourd’hui.

Les élus du centre, qui sont appelés à former une liste d’union avec Philippe Richert aux régionales, ont en quelque sorte mis la pression au président alsacien en lui demandant de se prononcer. « Soit elle retire ses propos, soit elle se retire », clame Laurent Hénart (Parti radical), maire de Nancy, qui estime que le fait de « traiter définitivement la question, de ne pas rester dans le flou » ne causera pas de tort à Philippe Richert.

Celui-ci a ainsi fait savoir, mercredi matin, qu’il ne souhaitait plus avoir Nadine Morano sur sa liste. Il a demandé « aux instances nationales des Républicains de tirer toutes les conséquences notamment concernant l’investiture départementale donnée à Nadine Morano en Meurthe et Moselle ». Nicolas Sarkozy les a saisies dans la foulée. Nadine Morano refuse, coûte que coûte, d’abandonner sa place de tête de liste en Meurthe-et-Moselle.

Qui pour la remplacer ?
Dans l’entourage de Philippe Richert, et avant la réunion de la commission d’investiture, on confiait qu’il n’y avait pas forcément d’option de changement de tête de liste. Reste que si la place se libère, la liste LR-UDI-Modem devra trouver « quelqu’un qui est sur la même longueur d’ondes », dixit Laurent Hénart. Le nom de Valérie Debord (LR) circule.

L’adjointe au maire et vice-présidente du Grand Nancy, en charge notamment de la cohésion sociale, était probablement prévue par Les Républicains en numéro 2 derrière Nadine Morano.

Qu’a dit Nadine Morano ?
Invitée de l’émission On n’est pas couché animée par Laurent Ruquier sur France 2 samedi, Nadine Morano a parlé de la France, comme d’un pays de « race blanche » citant les phrases du général de Gaulle rapportées par Alain Peyrefitte : « Pour qu’il y ait une cohésion nationale, il faut garder un équilibre dans le pays, c’est-à-dire sa majorité culturelle. Nous sommes un pays judéo-chrétien, le général De Gaulle le disait, de race blanche qui accueille des personnes étrangères », a-t-elle déclaré alors qu’elle était interrogée sur l’afflux des réfugiés.

Pourquoi ces propos font polémique ?
L’utilisation du terme « race » a choqué à droite comme à gauche. Des élus LR dénoncent une mauvaise instrumentalisation de De Gaulle. Beaucoup lui ont reproché de tenir un discours raciste, proche de celui de l’extrême droite, Jean-Marie Le Pen lui ayant même apporté son soutien. Certains ont été jusqu’à lui rappeler la définition même du mot dans le Larousse : « catégorie de classement de l’espèce humaine selon des critères morphologiques ou culturels, sans aucune base scientifique et dont l’emploi est au fondement des divers racismes et de leurs pratiques ».

Nadine Morano, qui a dit au micro d’Europe 1 avoir reçu « des milliers de mails » de soutien de son propre camp y compris de « gens de couleur », estime n’avoir « rien dit de répréhensible ».