Réfugiés: Strasbourg et Kehl veulent coordonner leurs efforts

SOCIETE Alors que Strasbourg va bientôt accueillir 50 réfugiés, un point sur leur accueil a été abordé lors du conseil municipal franco-allemand…

Gilles Varela

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Roland Ries, maire de Strasbourg et Toni Vetrano, maire de Kehl. Kehl le 28 septembre 2015
Roland Ries, maire de Strasbourg et Toni Vetrano, maire de Kehl. Kehl le 28 septembre 2015 — G. Varela / 20 Minutes

Alors que Lille accueillait officiellement ses premiers réfugiés ce lundi matin, à Strasbourg, l’actualité est à la discussion sur ce sujet. La question écrite à l’ordre du jour du conseil municipal conjoint franco-allemand a été l’occasion de rappeler les mesures effectivement prises aux élus présents.

L’expérience allemande

Côté allemand, le maire de Kehl Toni Vetrano a pu rappeler que déjà 191 réfugiés, essentiellement des familles syriennes, et 31 réfugiés, essentiellement des hommes seuls arrivés la semaine dernière ont rejoint les dizaines d’autres déjà disséminées dans la ville.

Chaque réfugié a droit à 4,5 m2 de lieu de vie (dans des lieux à partager avec d’autres réfugiés). L’hébergement est volontairement fait de façon décentralisée et les réfugiés sont répartis dans la ville « pour faciliter leur intégration », précise l’édile CDU. Les enfants sont également disséminés dans différentes écoles, des cours d’allemand leur sont donnés par des professeurs bénévoles qui doivent également apprendre à gérer des élèves qui ne parlent pas l’allemand. Beaucoup d’appartements privés leur sont prêtés et la ville a mis à disposition des structures publiques. Une famille dispose ainsi de 45 m2. Près de 49 interprètes bénévoles se relaient, et une plateforme sur Internet a été mise en place pour mettre en relation les donateurs et les réfugiés. « Nous devons réagir au coup par coup, en fonction de la situation. Tant que des réfugiés habitent chez nous, ils seront traités comme des citoyens », a déclaré le maire de Kehl.

« Strasbourg, une terre de refuge »

Strasbourg a toujours été une terre d’asile et de refuge et ils sont nombreux comme Calvin a s’être réfugiés ici pour échapper à la répression. Il y a un devoir d’humanité. Notre devoir de démocrate est d’accueillir des réfugiés tout comme en 1939 », a déclaré Roland Ries (PS).

Pour l’heure, la ville a lancé deux démarches « complémentaires ». Une démarche publique qui recense tous les lieux publics, ceux de la ville, de l’eurométropole ou même de l’Etat qui pourraient être mis à disposition afin d’accueillir les réfugiés. Ensuite, un appel aux Strasbourgeois. Déjà 1 000 personnes se sont portées volontaires pour aider et 20 % d’entre elles ont proposé des solutions d’hébergement.

Dans les prochaines semaines

Le maire a également indiqué que les autres projets d’aide et d’accueil, pour les populations fragiles ne seront pas abandonnés au profit des réfugiés, mais que cette aide est « un plus à mettre en place ». Il a également saisi l’occasion du conseil municipal conjoint pour proposer l’idée de la constitution d’un fonds financier commun (même modeste) aux deux villes.

Roland Ries a également rappelé sa volonté de coordonner l’accueil, la réflexion, l’aide et le suivi des réfugiés et dans le cadre de l’eurodistrict. « Nous avons une expertise à partager avec Kehl. Je n’ai pas de date à annoncer, mais les 50 premiers réfugiés devraient arriver assez vite à Strasbourg, dans les prochaines semaines », quand sera réglée au niveau national l’épineuse question des quotas de répartition des réfugiés au niveau national…