Strasbourg: A 24 ans, il lance sa compagnie aérienne

TRANSPORTS Société strasbourgeoise d’aviation privée, Altijet va prendre son envol fin septembre avec la livraison de son premier avion…

Floréal Hernandez

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Aéroport d'Enthzeim, le 14 septembre 2015 - Jean Gay, le fondateur de la compagnie d'aviation privée Altijet.
Aéroport d'Enthzeim, le 14 septembre 2015 - Jean Gay, le fondateur de la compagnie d'aviation privée Altijet. — Floreal Hernandez

Jean Gay veut voler de ses propres ailes. Ce pilote privé de 24 ans vient de monter sa compagnie aérienne : Altijet. Celle-ci sera totalement opérationnelle à la fin du mois de septembre à la livraison de son premier avion : un TBM 900 flambant neuf de 3,8 millions de dollars hors taxe. En janvier, la société aéronautique basée à côté des pistes de l’aéroport Strasbourg-Entzheim se dotera d’un deuxième monomoteur : un Pilatus PC 12 (4,9 millions de dollars HT).

3.197 aéroports où se poser en Europe

Avec cette société, Jean Gay – également affréteur – veut « mettre l’aviation privée à la portée des entreprises et des particuliers ». Et à terme, faire du transport aérien public, une fois la certification AOC d’Altijet obtenue auprès de la direction générale de l’Aviation civile (DGAC). « Aujourd’hui, on a rédigé notre manuel d’exploitation en vue de faire du transport aérien public. Bien qu’on fasse pour l’instant de l’aviation privée, on a devancé les demandes », explique Jean Gay.

En octobre pour monter dans le TBM 900 de la compagnie – quatre places passager –, il faudra être membre du Club Altijet : 1.200 euros de frais d’adhésion pour un particulier et 2.880 euros pour une entreprise. Ensuite, on loue à l’heure de vol (au minimum 2.160 euros par heure). A cela s’ajoute la taxe d’atterrissage dans l’un des 3.197 aéroports européens où Altijet a l’autorisation de se poser et l’Eurocontrol, qui gère le trafic aérien.

Pas encore de hangar, ni de soutien d’une banque

Altijet espère intéresser les sociétés alsaciennes ou les particuliers qui ont besoin d’un transport rapide, flexible et sécurisé. « Nos avions peuvent se piloter avec un seul pilote mais pour des questions de sécurité nous voyageons toujours avec deux, explique le jeune entrepreneur. Nos onze pilotes sont professionnels : des retraités d’Air France ou de l’armée de l’air, de jeunes pilotes professionnels instructeurs notamment. »

Proche de prendre son envol, la compagnie strasbourgeoise doit encore régler des détails. Altijet attend la réponse de l’aéroport Strasbourg-Entzheim pour savoir si elle aura un hangar. « Sinon, on devra parquer nos avions à Colmar ou à Baden-Baden », indique Jean Gay. Si la société aéronautique bénéficie du soutien de partenaires, « nous n’avons pas de banque derrière nous », regrette son fondateur qui a acheté les deux avions avec des fonds privés. Celui-ci est semble-t-il « trop jeune » et « les banques ne suivent pas les sociétés aéronautiques » comme la sienne. Des aléas qui ne modifient pas le plan de vol d’Altijet.