Fessenheim: Les antinucléaires jugent «lamentable» le report de la fermeture à 2018

ENERGIE En mars 2015, le président de la République avait pourtant réaffirmé une fermeture à la fin de son quinquennat en 2017…  

Floréal Hernandez

— 

Simulateur de la salle de commandement d'un réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim. (Archives)
Simulateur de la salle de commandement d'un réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim. (Archives) — G. VARELA / 20 MINUTES

« Quand Flamanville ouvrira, Fessenheim devra fermer. Donc, Flamanville va ouvrir d’ici à 2018. Et donc en effet, Fessenheim devra fermer. » La déclaration de Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, ce mardi lors d’une visite à Strasbourg, a fait s’étouffer les antinucléaires alsaciens.

Et les engagements présidentiels ?

« C’est lamentable. Il y en a marre des "faux-culs", enrage Jean-Marie Brom, porte-parole du Réseau Sortir du nucléaire. Il n’y a pas besoin de tordre la loi sur la transition énergétique, elle ne concerne ni Fessenheim, ni l’EPR de Flamanville. Que Hollande tienne sa promesse. »

En mars 2015, le président de la République avait réaffirmé son intention de fermer la centrale haut-rhinoise à la fin de son quinquennat. Soit en 2017. Sur Twitter, Sandrine Bélier, candidate EELV aux régionales en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, a rapidement réagi et demandé au chef de l’état de tenir ses engagements.


André Hatz de Stop Fessenheim ne décolère pas devant « l’incompétence de Ségolène Royal ». Le porte-parole de l’association rappelle la dangerosité de la centrale « la plus vieille du parc français (1977) alors que seules trente années d’exploitation étaient prévues, elle est située sur une faille sismique, il y a des risques d’inondation, il y a trois fois plus d’incidents à Fessenheim que dans les autres centrales françaises… »

Fermeture de la centrale « à l’horizon d’une décennie »

Lier la fermeture de Fessenheim à l’ouverture de l’EPR de Flamanville fait bondir André Hatz. « Si l’EPR ne démarre jamais [initialement le réacteur de 3e génération devait être livré en 2012, c’est la quatrième fois qu’EDF repousse sa mise en service], on ne fermera jamais la centrale ? C’est complètement idiot ! »

Président du conseil départemental du Haut-Rhin, Eric Straumann s’est « particulièrement étonné » des propos de la ministre de l’Ecologie. « Nous savions que l’échéance de 2017 n’était ni juridiquement ni techniquement tenable. » Le député (LR) ajoute : « Fessenheim fermera mais pas en 2017 ni en 2018. L’arrêt de la centrale doit s’inscrire dans un projet raisonnable de reconversion du site permettant le maintien de l’emploi et la sécurité d’approvisionnement en électricité de notre région. Ainsi, celle-ci doit plutôt s’envisager à l’horizon d’une décennie. »