Le procès Bedos-Morano mis en délibéré

JUSTICE Le tribunal de grande instance de Nancy rendra son jugement le 14 septembre…

F.H.
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Guy Bedos et Nadine Morano au tribunal de grande instance de Nancy, le 7 septembre 2015.
Guy Bedos et Nadine Morano au tribunal de grande instance de Nancy, le 7 septembre 2015. — AFP

Guy Bedos et Nadine Morano se sont retrouvés à Nancy, ce lundi. La raison ? Pas un duo, mais un procès au Tribunal de grande instance. L’humoriste a traité la députée européenne de « conne » et de « salope » lors d’un spectacle à Toul, en octobre 2013.

« Une personne que j’ai aimée en tant qu’acteur »

Mis en examen pour injures publiques, Guy Bedos a déclaré à la barre : « Si j’ai prononcé les mots qu’on me reproche, je le regrette », rapporte L’Est Républicain dans le live qu’il a assuré le temps de l’audience.

De son côté, Nadine Morano a avoué : « C’est difficile pour moi de me retrouver ici face à une personne que j’ai aimée en tant qu’acteur ». Puis, relève le quotidien régional lorrain, l’ex-ministre chargée de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle a poursuivi : « Des hommes, drapés de leur statut d’humoriste, pourraient insulter des femmes, et d’autres non ? Au nom du droit des femmes je ne peux pas laisser passer ça. »

Les avocats de Nadine Morano ont plaidé que la liberté d’expression avait atteint ses limites avec les injures à l’encontre de sa cliente. Pour le procureur adjoint, la ligne jaune a été franchie et il a requis une amende à l'encontre du comédien.

15.000 euros de dommages et intérêts demandés par Nadine Morano

Les conseils de l’humoriste ont eux rappelé qu’il n’existait pas d’enregistrement du spectacle de Toul, et donc des insultes proférées. Un de ses avocats, Me Domange, a estimé : « S’il s’agit de violences psychologiques contre une femme, comme Mme Morano nous le répète, alors, il s’agit d’un autre délit, pas celui d’injures publiques. »

L’humoriste encourt une amende maximum de 12.000 euros. Nadine Morano a aussi réclamé « 15.000 euros de dommages et intérêts », annonce L’Est Républicain. Elle avait précédemment tweeté qu’elle reverserait cet argent si elle gagnait à des associations qui luttent contre les violences faites aux femmes.

Le jugement a été mis en délibéré au 14 septembre.