Alsace: La filière du houblon ne veut pas être mise en bière

COMMERCE Les planteurs de houblon d'Alsace demandent à tous les intervenants de les soutenir...

Gilles Varela

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La Wantzenau le 05 07 2011. Plantations de houblon
La Wantzenau le 05 07 2011. Plantations de houblon — G. VARELA / 20 MINUTES

Si le marché de la bière se porte bien, en revanche, les principaux producteurs de houblon français, situés en Alsace pour la grande majorité, rencontrent de sérieuses difficultés, notamment d’adaptation à l’évolution des besoins des brasseries dans un marché mondialisé.

La Wantzenau le 05 07 2011. Plantations de houblons. - G. VARELA / 20 MINUTES

La perte d'un contrat avec les américains

L’Alsace, premier producteur national (95 %), a vu sa production réduite de moitié ces cinq dernières années. Une situation qui s’explique par la dénonciation d’un contrat en 2010 avec le principal client, le brasseur américain Anheuser Busch (propriétaire des marques Budweiser, Stella Artois, Leffe, Hoegaarden, Beck's notamment) , qui achetait 70 % de la production alsacienne de Strisselspalt, une variété de houblons aromatique.

« Ce fût une surprise, d’autant plus que les Américains avaient massivement investi, explique Franck Sander, président de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) du Bas-Rhin. Et cela a eu de graves conséquences, même si la filière s’est adaptée en diversifiant notamment les variétés de houblons aromatiques. Mais aujourd’hui nous souffrons de la concurrence européenne, allemande particulièrement. Par exemple, vous ne verrez jamais là-bas un brasseur prendre du houblon français pour une bière allemande. Nous n’avons rien contre l’Europe, mais nous avons des charges et des contraintes plus importantes que nos voisins. La France doit régler ses problèmes de compétitivités. Et les brasseurs français doivent jouer le jeu et acheter plus de houblon français, alsacien. »

Renforcer la demande, augmenter les prix

Actuellement, la superficie de la culture de houblon dans le Bas-Rhin est de 420 hectares (contre plus de 800 il y a cinq ans). « Nous avons 70 hectares d’échafaudages sans houblon planté, car nous n’arrivons pas à le placer, faute de compétitivité. Il est trop cher. L'origine Alsace a une valeur et cela doit se retrouver dans le prix payé au producteur. Et ce n'est pas le cas», regrette Franck Sander.

Aussi, les associations des planteurs de houblon d’Alsace, soucieuses de redonner de la visibilité aux producteurs, d’augmenter les volumes de production mais aussi le prix d’achat, vont rencontrer dès mercredi les présidents des brasseurs de France et d’Alsace et tenter de sauver une filière qui fait travailler 50 planteurs dans le Bas-Rhin, auxquels s’ajoutent de nombreux emplois saisonniers.