Strasbourg: Parler alsacien, c'est «moderne et un atout pour la jeunesse»

LANGUES RÉGIONALES Les grandes collectivités alsaciennes, le rectorat et l’Olca ont signé trois conventions pour renforcer sa politique linguistique régionale…

Gilles Varela

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Ecole européenne. Illustration. Septembre 2008.
Ecole européenne. Illustration. Septembre 2008. — G. Varela / 20 Minutes

Près de 70 % des offres d’emploi en Alsace demandent de parler Allemand, selon le président du Conseil départemental du Bas-Rhin Fredéric Bierry. Avec la signature de trois conventions ce lundi pour promouvoir la langue et les cultures régionales, les grandes collectivités alsaciennes, le rectorat, le préfet Stephane Bouillon et l’Olca (office pour la langue et la culture d’Alsace), se donnent les moyens de ses ambitions.

Définies lors des assises de la langue et de la culture régionales organisée en 2012 et 2014 par la Région, ces conventions permettent la mise en œuvre du renforcement de la politique linguistique régionale.

Doubler le nombre d’élèves en cursus paritaire

Et l’objectif est clair : Si actuellement 14 % des élèves du premier degré (public ou privé) suivent un cursus bilingue paritaire, la région espère avec la convention cadre pour la période 2015-2030 doubler le nombre d’élèves en cursus bilingues. Une nécessité lorsque l’on sait que l’emploi transfrontalier est un enjeu majeur pour l’alsace et ses 63.000 travailleurs en Suisse ou en Allemagne, soit 8 % de la population active.

« L’alsacien, ce n’est pas dépassé. C’est moderne »

Et même si Philippe Richert note une baisse ces dernières années de l’intérêt pour l’alsacien et l’Allemand, ce dernier estime que « ce n’est pas dépassé. C’est plutôt ça la modernité, retrouver son identité, sa langue, est un atout pour la jeunesse et le rayonnement dans le bassin Rhénan. » « Il fallait sortir notre langue de cette boîte de conserve où on l’avait mise » a surenchéri Justin Vogel, président de l’Olca. Quant au recteur de Strasbourg, Jacques-Pierre Gougeon, il a souligné que l’apprentissage d’une langue, « c’est tout le contraire de l’enferment. Et que ce n’est pas un hasard si plus de 22 % des élèves apprennent une troisième langue en Alsace (contre 7 % pour le reste de la France.) ».

>>> En vidéo, une production de l’Olca

Objectif : Plus d’élèves en bilingues paritaire

Concrètement, cela devrait se traduire par une augmentation de 50 % la part des élèves de maternelle en cursus bilingue paritaire, l’encouragement de la politique de développement des pôles bilingues, la promotion de l’enseignement bilingue auprès des parents, la formation des enseignants…

Des conventions qui ne seront pas remises en cause avec la « Grande Région »

Pour atteindre ses objectifs, chaque collectivité contribue à hauteur de 1 million d’euros par an.

Une autre convention dans le domaine de la « culture et de la vie sociétale » signée pour trois ans, œuvrera pour une présence plus forte de l’alsacien et de l’allemand dans tous les domaines afin de sensibiliser particulièrement les enfants au dialecte alsacien qui serait une passerelle vers l’apprentissage de l’allemand (et inversement). L’Olca s’occupera également de la promotion de « produits culturels innovants » intégrant la langue régionale.

Des conventions qui ne seront pas remises en cause avec la « Grande région » en 2016, a affirmé Philippe Richert. « Ce sont des accords qui engagent les collectivités suivantes et en signant ses conventions, l’Etat s’est engagé ».