Alsace: La région met une goutte de rosé dans sa production de vin

VITICULTURE Connue pour son blanc, l’Alsace tente de s’inviter sur les tables estivales avec le rosé…

Floréal Hernandez

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Strasbourg, le 28 avril 2015 - Le rosé représente une infime partie de la production de vin en Alsace.
Strasbourg, le 28 avril 2015 - Le rosé représente une infime partie de la production de vin en Alsace. — Floreal Hernandez

Avec l’arrivée des beaux jours, l’Alsace vire au rosé. Wolfberger, l’une des plus grandes maisons de la région, a décidé d’élargir sa gamme en la matière avec « Petite Folie » et de vendre cette bouteille en grande distribution nationalement. « Wolfberger produit ponctuellement du rosé depuis le début des années 2000 et régulièrement depuis 2011 », explique Véronique Renck, responsable commerciale de la cave d’Eguisheim.

Un produit de saison

La marque a décidé de surfer un peu plus sur la tendance du rosé avec cette production supplémentaire de 75.000 bouteilles. Une goutte de vin pour Wolfberger qui produit 13 millions de cols par an. A Dambach-la-Ville, le rosé représente aussi « moins de 1 % de la production » de la famille Hauller – spécialiste du riesling – révèle Ludovic Hauller. « Mais c’est un produit qui permet de diversifier notre offre. On ne communique pas dessus mais l’été, on en parle à nos clients car c’est un produit de saison, d’avril à septembre. » Car pour boire du rosé, il faut réunir quelques conditions : soleil, chaleur, terrasse, barbecue… « C’est une alternative à la bière par sa fraîcheur », lance Véronique Renck. D’autres diront un complément.

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Si la production du rosé en Alsace augmente, elle restera toujours marginale par rapport au riesling, au gewurztraminer ou au crémant. Car seuls les grains de pinot noir sont utilisés pour l’élaborer, or c’est le plus petit cépage de la région : moins de 10 % de la surface du vignoble alsacien. Des grains qui servent surtout à fabriquer du pinot noir ou du crémant.

« Ne parlons pas de cépage »

« De toute façon, l’Alsace est un petit vignoble qui produit un petit volume par rapport aux autres régions viticoles. Elle ne peut se situer sur les grands marchés, estime Didier Bonnet, président de la Tribu des Gourmets. Mais il y a un joli coup à faire sur des rosés avec une vinification soignée, sans sucre ajouté, sans maquillage chimique. » Pour rappel, le rosé a longtemps eu très mauvaise réputation. Côté communication, Didier Bonnet appelle à plus d’efficacité en soulignant l’identité locale : « Pour un rosé de Provence, on parle de Bandol, de Beaumes de Venise. Ne parlons pas de pinot noir, de cépage, ce qui rend un vin anonyme mais de rosé de Traenheim ou d’Ammerschwihr. »