Strasbourg: Le conseil municipal va-t-il dérailler sur les «salles de shoot»?

SANTE Le conseil municipal de la ville de Strasbourg de lundi pourrait être piquant notamment sur les salles de consommation à moindre risque annoncées à l'Hôpital civil...

Floréal Hernandez
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Kit pour toxicomanes. (Illustration)
Kit pour toxicomanes. (Illustration) — G. VARELA / 20 MINUTES

Le conseil municipal de Strasbourg de ce lundi 15h compte 36 points à son ordre du jour et cinq interpellations. Et la première d'entre elles va faire débat. Elle émane de Pascal Mangin, conseiller municipal d'opposition (UMP), et est intitulée «Consommation de drogues à l'hôpital».

L'Hôpital civil, «une solution de secours»?

«Le sujet est sensible», reconnaît Roland Ries. Dans une interview à L'Express du 3 avril, le maire de Strasbourg confirme qu'il s'intéresse de près aux «salles de shoot» en expérimentation et annonce: «La salle de consommation se trouvera à l'intérieur de l'hôpital car il faut considérer les toxicomanes comme des malades.» Une annonce faite avant le vote de la loi santé qui encadre l'expérimentation de ces salles.

Des propos qui ont interpellé Pascal Mangin. L'élu demande si la démarche a été concertée avec «le personnel médical ou les acteurs des environs» pour localiser la «“salle de shoot” rebaptisée “salle de consommation à moindre risque”» dans l'hôpital ou est-ce «une solution de secours pour faire aboutir une implantation que vous saviez impossible à son emplacement initial [quartier gare]?»

Bordeaux également candidate

Le conseiller municipal UMP souhaite connaître l'encadrement, l'accompagnement fournis dans cette salle de consommation réduite. Surtout, il s'interroge: «Strasbourg doit-elle se positionner comme la première ville à expérimenter une salle de shoot en France plutôt que d'attendre quelques mois pour disposer d'un retour d'expérience?»

>>> L'expérimentation des salles de shoot votée par l'Assemblée nationale.

La réponse à cette interpellation sera probablement portée en partie par le maire et par le docteur Alexandre Feltz, adjoint en charge de la santé publique. Celui-ci rappelle: «Alain Juppé, sans concertation avec la ville de Strasbourg, est dans la même démarche à l'hôpital Saint-André à Bordeaux.» «On ne peut laisser à la dérive des gens fragiles, malades d'une addiction même s'ils sont hors-la-loi. J'ai fait le choix des personnes à secourir», lance Roland Ries.

Le Dr Feltz s'appuie sur des rapports notamment celui de l'Inserm de 2010 et sur les exemples de la Suisse et de l'Allemagne. «Les salles ont diminué les risques liés à l'injection [SIDA, hépatites, abcès...], permis d'augmenter de 30% l'accès aux soins et aux traitements de sevrage et diminuer la question de l'insécurité liée aux seringues qui traînent.» Et il affirme: «Il n'y a jamais eu une mort par overdose dans une salle de consommation à moindre risque car il y a un personnel formé présent.»

Pour les haussements de voix, les effets de manches, les «Non, Monsieur!», il faudra suivre le conseil municipal lundi à partir de 15h.