Football: L'exploit oublié des Strasbourgeois

SPORT Quand le Racing battait les invincibles nantais...

Floréal Hernandez

— 

Yvon Pouliquen à la lutte avec Patrice Loko lors de Strasbourg-Nantes (2-0), le 15 avril 1995.
Yvon Pouliquen à la lutte avec Patrice Loko lors de Strasbourg-Nantes (2-0), le 15 avril 1995. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Il y a 20 ans, le Racing mettait fin à une des plus belles aventures en championnat de France. Pourtant ses acteurs ne s'en souviennent pas! Le 15 avril 1995, les Strasbourgeois de Jacky Duguépéroux reçoivent le FC Nantes, leader invaincu de première division après 32 journées. Et là, patatras pour les Nantais qui tombent à la Meinau (2-0).

Metz éclipse Nantes

Quand on demande à Roland Weller s'il se souvient de ce match, il s'y reprend à plusieurs fois. «Ouh la! C'est pourtant la période où je suis président [1994-1197]. Ça ne m'a pas trop marqué. Ça m'étonne car je me rappelle bien des matchs importants.» Son capitaine de l'époque, Yvon Pouliquen lance d'emblée le score «2-0 mais c'est la seule chose dont je me souviens.»

>>> Le résumé de Racing-Nantes (2-0).

 

Présent dans le kop, en quart de virage, Matthieu Chanvillard, 19 ans à l'époque, ne se remémore pas «une ambiance particulière» après ce petit exploit. Au contraire de Christophe Pignol, le latéral gauche du FCN: «La Meinau faisait la fête comme si Strasbourg avait gagné la Coupe de France!»

>>> La défaite à la Meinau vue par les Nantais.

Et voilà la raison de cet oubli: la finale de la Coupe de France. Trois jours avant le Racing a battu le FC Metz (1-0, but de Pouliquen) en demi-finale de la compétition. «Le stade était blindé. C'était le sommet de la fin de saison: une demie, un derby contre Metz et c'est la première fois depuis 1966 que le Racing va disputer une finale. Nantes arrive après ce pic émotionnel.» «Ça, je m'en souviens, lance Roland Weller. Et la finale aussi. Là, j'en ai des choses à dire.»

Du succès sur les invincibles nantais, Yvon Pouliquen retient 20 ans plus tard: «C'est un plaisir car on a été les premiers à les battre, c'était le futur champion de France, rappelle le milieu de terrain. Avant le match, c'était un objectif de les faire tomber.» Un succès qui au final a permis au Racing d'équilibrer sa saison en D1 –«elle n'avait pas été flamboyante», reconnaît Yvon Pouliquen– le club termine 10e avec 13 victoires, 12 nuls, 13 défaites, 43 buts marqués et 43 buts encaissés.