VIDEO. «Ma thèse en 180 secondes»: Trois conseils pour réussir son stand up scientifique

UNIVERSITE Ce jeudi, 14 doctorants participent à la finale régionale de «Ma thèse en 180 secondes» à l'Université de Strasbourg...

Floréal Hernandez

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Marie-Charlotte Morin, doctorante à l'Université de Strasbourg et 2e du concours international francophone «Ma thèse en 180 secondes».
Marie-Charlotte Morin, doctorante à l'Université de Strasbourg et 2e du concours international francophone «Ma thèse en 180 secondes». — Université de Strasbourg

La science accessible à tous et compréhensible en trois minutes. C'est l'ambition du concours «Ma thèse en 180 secondes» qui se déroule ce jeudi à 14h au Nouveau Patio de l'Université de Strasbourg (ouvert au public).

Là, quatorze doctorants –en biologie, en chimie, en physique, en théologie, en histoire...– vont se présenter devant un jury de seize personnes issues du monde de l'entreprise, du monde académique ou de la culture scientifique (le directeur du Vaisseau). L'enjeu: une place pour la finale nationale le 3 juin à Nancy.

Manier l'humour

Marie-Charlotte Morin a été lauréate du concours national 2014 et 2e du concours international francophone en vulgarisant le «Rôle des protéines lin-15A et rétinoblastome dans la reprogrammation cellulaire directe in vivo chez C. elegans». La biologiste strasbourgeoise a usé de l'humour pour expliquer ses recherches. «Mon sujet se prête à la blague, concède-t-elle. Je travaille sur le rectum d'un ver. J'aurai eu tort de ne pas en profiter.»

C'est donc avec dérision et autodérision que Marie-Charlotte Morin a exposé comment une cellule du rectum d’un ver change d’identité pour devenir une cellule neuronale et les pistes que cela ouvre à la médecine. «Les vannes étaient déjà prêtes dans ma tête. L'humour, il n'y a rien de mieux pour capter le public. Sur un autre sujet de recherche, j'aurai aussi fait une blague, je ne peux m'en empêcher.»

>> Les 180 secondes de Marie-Charlotte Morin lors de la finale francophone à Montréal, en septembre 2014.

Taquiner le public

Face au jury et au public, la jeune femme n'est pas intimidée. «Peut-être grâce à mes deux années de théâtre au lycée (sourire).» Les rires fusent et Marie-Charlotte Morin en use. «C'était un soulagement car faire un bide face à 400 personnes... Les rires m'ont également forcée à faire une pause car je parle très vite.» A Montréal, la thésarde de l'Institut de génétique et de bilogie moléculaire et cellulaire s'amuse à «taquiner» les Québécois. Elle avoue: «Ça fait plus penser à du stand up.»

Une impression partagée quand on la regarde expliquer sa thèse. Depuis avec le metteur en scène Alexandre Taesch, Marie-Charlotte Morin coécrit un spectacle de vulgarisation sur l'évolution qui sera «scientifiquement exact» et «marrant». La pièce devrait se monter en novembre ou en décembre 2015.

Prendre plaisir à parler de ses recherches

Famille et amis ont une attention limitée quand les doctorants donnent in extenso l'intitulé de leur thèse. «Je ne parlais pas trop de mon travail, reconnaît Marie-Charlotte Morin. Je l'évoquais une minute grand maximum, là parler de mes recherches pendant trois minutes, c'était royal.»

>> La Thèse sur «Les chevaliers-paysans de l'an mil au lac de la Paladru» dans On connaît la chanson.

 

Le concours lui a permis de résumer «trois ans d'études en trois minutes» mais aussi «d'intéresser les gens à mes recherches», se réjouit la biologiste, et de nouer des contacts dans la communication ou le journalisme scientifique. Pas mal pour quelqu'un qui pendant 180 secondes parle du rectum d'un ver.