Départementales: En Alsace, la droite «donne davantage raison à Juppé»

POLITIQUE La Majorité alsacienne (UMP, UDI et divers droite) s'est imposée dans 35 des 40 cantons alsaciens...

Alexia Ighirri

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Strasbourg le 29 mars 2015. Illustrations elections departementales second tour
Strasbourg le 29 mars 2015. Illustrations elections departementales second tour — Gilles Varela / 20 Minutes

Les élections départementales ont vu le triomphe de la Majorité alsacienne (UMP, UDI et divers droite), qui a gagné dans 35 des 40 cantons alsaciens. Partout où elle était opposée au Front national (soit dans la quasi-totalité des cantons), la droite l'a facilement emporté, faisant barrage au parti d'extrême droite qui n'obtient au final aucun élu.

De là à dire qu'en Alsace, bien que traditionnellement à droite, le front républicain a été appliqué? «Oui, répond d'emblée Philippe Breton, professeur des universités et directeur éditorial de l’Observatoire de la vie politique en Alsace. Le phénomène a été largement encouragé par le fait que la Majorité alsacienne marche sur deux pieds: la droite a une tendance centriste et le centre a une tendance droitiste.»

Et qui peut être rallié, de façon «naturelle» quand il le faut, par l'électorat de gauche selon lui: «Le front républicain ne pose pas problème: on connaît tous des socialistes qui n'ont pas eu honte de voter pour l'UMP. Il y a une perméabilité facile.»

L'électorat FN, «ce sont des gens en colère»

La Majorité alsacienne arrive ainsi à accroître encore un peu plus son influence dans les départements, déjà dirigés par la droite. Ce qui fait dire à Philippe Breton qu'en Alsace «on a peut-être eu la préfiguration de la bonne recette pour l'UMP pour distancer le FN. La stratégie de la droite en Alsace donne davantage raison à Alain Juppé. C'est une droite tranquille, humaniste, avec aucun dérapage et dont aucun élu UMP n'a cherché à séduire l'électorat FN.»

Une distance face à l'extrême droite dont l'origine pourrait dater. « L'Alsace a connu tellement de violence, ce qui explique que la région se défie des ressorts extrémistes. L'électorat FN en Alsace n'est pas extrémiste. Ce sont des gens en colère», estime le politologue, qui applique sa réflexion à la gauche. Il explique alors que les socialistes qui gagnent à Strasbourg sont proches du centre aussi. «Cette gauche n'est pas révolutionnaire», conclut-il.