Départementales: Et si la gauche gagnait le quartier de la Robertsau à Strasbourg?

POLITIQUE Dimanche, le second tour dans le canton Strasbourg-4 s'annonce serré...

Alexia Ighirri

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Christel Kohler et Alain Fontanel, binôme de la gauche dans le canton Strasbourg-4.
Christel Kohler et Alain Fontanel, binôme de la gauche dans le canton Strasbourg-4. — G.Varela / 20 Minutes

Dimanche soir, plusieurs paires d'yeux seront rivées sur le canton de Strasbourg-4 (Robertsau/Wacken/Contades/Tribunal), réputé à droite. Si le binôme UMP Pfersdorff/Le Tallec arrive logiquement en tête, avec 35,91% des voix, devant le binôme de la gauche formé par Christel Kohler (DVG) et Alain Fontanel (PS) et ses 28,38%, le second tour s'annonce serré. Parce que même si elle sera difficile, la victoire de la gauche est possible.

Un redécoupage favorable à la gauche

Au soir du premier tour, le maire socialiste de Strasbourg Roland Ries a d'ailleurs salué leur «très belle performance dans un canton qui avait été jugé imprenable par la gauche, et qui peut créer la surprise de ce scrutin.»
Une «performance» qui tient aussi du redécoupage du canton, englobant les secteurs jusqu'aux places de Haguenau et de la République, plus favorable à la gauche. Celle-ci est arrivée en tête du scrutin dans ces secteurs au premier tour.

Mathématiquement, le report des voix donnerait l'avantage au binôme Kohler/Fontanel. Ces derniers peuvent compter sur le soutien du binôme Idées (écologistes indépendants) D'Apote/Schweitzer qui a réuni 10,14% dimanche dernier. L'UMP a reçu le soutien du binôme divers droite (5,59%). Dans la balance se trouvent aussi les 4,86% du Front de gauche, ainsi que les 15,12% du Front national, qui a appelé à voter blanc.

«Tout bénef» pour Alain Fontanel?

Une victoire de la gauche serait aussi un premier gros succès personnel électoral pour le premier adjoint au maire Alain Fontanel. Un élu UMP confiait même que si Alain Fontanel l'emportait à la Robertsau, la voie serait alors libre jusqu'au fauteuil de maire de Strasbourg en 2020. Une ambition que beaucoup lui prêtent.

«Ce serait une très grande victoire pour cet homme», ajoute Philippe Breton, professeur des universités et directeur éditorial de l’Observatoire de la vie politique en Alsace. «Cela compenserait ce qu'observent certains politologues, à savoir qu'Alain Fontanel n'a pas un grand charisme politique. C'est son principal handicap», poursuit-il, assurant que «cela n'a rien à voir avec ses compétences. Mais il faut avoir une personnalité quand on fait de la politique».

Et si la gauche venait à perdre, cela pourrait-il poser problème aux hypothétiques ambitions du socialiste? «Non je ne crois pas. Alain Fontanel est sur le canton où il y a le moins de risques, juge le politologue. S'il perd, il aura le bénéfice d'avoir bien mené un combat impossible. Il y a de l'honneur à partir à l'assaut d'un canton réputé impossible.»