Une participation massive à l'heure du choix

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Les Strasbourgeois ont à nouveau massivement voté hier pour départager Ségolène Royal (PS) et Nicolas Sarkozy (UMP). Pour l'ensemble du Bas-Rhin, la participation approchait les 84 %, soit une hausse par rapport au premier tour (83,09 %). « Les deux programmes sont radicalement différents et proposent des choix de société tellement aux antipodes l'un de l'autre qu'il aurait été aberrant de ne pas voter ce dimanche, lâche Elodie, 29 ans, à la sortie d'un bureau de vote du quartier de l'Orangerie. Que les abstentionnistes ne viennent pas dire que les politiciens sont tous les mêmes. »

Malgré les sondages de fin de campagne, qui indiquaient une avance nette de Nicolas Sarkozy, le vote a de nouveau été important dans les quartiers populaires, où certains électeurs ne cachaient pas leurs doutes. « Je croyais que c'était foutu pour Ségolène et j'ai failli rester chez moi, lance Nadir, 21 ans, à la sortie du bureau de vote du Neuhof. Je suis quand même venu, presque instinctivement. » Car pour beaucoup, c'est un peu plus qu'une simple élection qui se jouait hier. « Sarkozy est le candidat de la régression et de la répression, juge Sylvia, 25 ans, qui votait à la Krutenau. En France, ça devient un peu comme aux Etats-Unis. Il y a un véritable fossé qui s'est creusé entre les gens. »

Un clivage que chacun disait ressentir de façon plus ou moins intense, surtout les jeunes. « Et pourtant, il faut se méfier des promesses de campagne, tempère Eléonore, 57 ans, en habituée des élections présidentielles. Les deux candidats semblent opposés, mais vous verrez bien qu'en pratique, rien ne changera fondamentalement dans notre vie quotidienne. Et d'ici quelques jours, tout le monde reprendra son petit train-train », sourit-elle.