Strasbourg: Vives inquiétudes aux Hôpitaux universitaires

SANTE Quatre syndicats des Hôpitaux universitaires de Strasbourg s'inquiètent de la disparition d'une colonne du SAMU et de l'externalisation de l'entretien dans certains services...  

Floréal Hernandez
— 
Couloir du Nouvel Hôpital civil (NHC) de Strasbourg. (Illustrations)
Couloir du Nouvel Hôpital civil (NHC) de Strasbourg. (Illustrations) — G . VARELA / 20 MINUTES

Des courriers restés lettre morte pour le moment. Quatre syndicats des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) –CGT, FO, SUD et UNSA– ont interpellé le maire de Strasbourg, le préfet, des élus, le ministère de la Santé après la suppression de la 5e colonne du SAMU/SMUR. L'intersyndicale a constaté «25 carences qui auraient dû être assurées par le moyen supprimé et ce, sur un mois d'essai», annonce-t-elle.

Externalisation du nettoyage

Pour les quatre véhicules restant, la charge de travail a augmenté de 30%. «Les conditions de travail sont en flux tendues, les personnels soignant et médical le sont aussi», alertent les syndicats. Un délégué de SUD donne cet exemple frappant: «Une équipe est intervenue sur un accident, les agents sont revenus maculés de sang. Ils n'ont pas eu le temps de se changer qu'ils devaient partir sur une autre intervention à domicile. Ils sont arrivés ensanglantés!»

Autre motif d'inquiétude des quatre syndicats des HUS: l'externalisation des prestations des 127 agents des services hospitaliers (ASH) des pôles gynéco-obstétrique et pédiatrique. Ceux-ci sont chargés du nettoyage des chambres, de l'entretien des locaux ou encore de la distribution des repas. C'est 80 CDD qui ne vont pas être renouvelés.

Seulement «70% de propreté»

«L'économie grâce à cette externalisation du nettoyage va être de 2 millions d'euros, concède l'intersyndicale. Mais à quel prix?» Les syndicats se demandent si le personnel sous-traitant sera formé à gérer «la mort», «la confidentialité», «l'intimité». «Aujourd'hui, les ASH font partie de la chaîne de soins. Ils connaissent les pathologies du service, recueillent des confidences des patients, sont au courant des transmissions. Là qu'en sera-t-il avec des personnes qui ne seront jamais sur le même service?», interrogent les quatre organisations syndicales.

Elles soulignent que dans le marché signé avec l'entreprise assurant le travail des agents des services hospitaliers, celle-ci doit assurer un taux de 70% de propreté. «En dessous, il y a des pénalités, note l'intersyndicale. Mais aujourd'hui, on demande aux ASH 100% de propreté.»

L'externalisation du nettoyage et de la distribution des repas aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg doit intervenir le 1er mai 2015. «La date est bien choisie», sourit jaune un délégué syndical.