Reforme territoriale: Le business des produits dérivés des anti-fusion en Alsace

PANOPLIE Samedi à 14h, les opposants à la fusion de l'Alsace avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne manifestent dans Strasbourg. Dans le cortège, les drapeaux et bracelets aux couleurs alsaciennes seront légion...

Floréal Hernandez

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1.600 à 8.000 personnes ont manifesté contre la fusion de l'Alsace avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne, le 13 décembre 2014 à Strasbourg Lancer le diaporama
1.600 à 8.000 personnes ont manifesté contre la fusion de l'Alsace avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne, le 13 décembre 2014 à Strasbourg — G. Varela / 20 Minutes

Coiffe alsaciennes, drapeaux «Rot un Wiss» (le drapeau «rouge et blanc» de l'Alsace), badges «Touche pas à l'Alsace», bracelets «Elsass Frei» («Alsace libre»). Samedi à 14h, place Kléber, à Strasbourg, tous ces produits seront arborés par les manifestants prêts à défiler contre la fusion de l'Alsace avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne dans le cadre de la réforme territoriale. Pour ceux qui n'ont pas encore leur pin's ou leurs autocollants, cette manif' sera une nouvelle occasion de s'équiper.

Des produits militants

Ces produits, on les trouve également sur Internet. Sur le site du collectif «Touche pas à l'Alsace», le lot de 10 stickers se vend 6 euros, le lot de trois badges 6 euros également. Le stock de 6.000 autocollants et de 1.000 badges «est quasi épuisé», avoue Stéphane Bourhis, fondateur de «Touche pas à l'Alsace» et conseiller municipal d'Hoenheim (Bas-Rhin).

Drapeaux et coiffes de sortie dès le 11 octobre 2014 à Strasbourg.

Ces «produits militants financés par une mise de fonds des initiateurs de la démarche» ont d'abord été distribués et suite à la demande mis en vente sur le site. «Ça a permis de financer d'autres frais de manifestations», explique Stéphane Bourhis. La vente de t-shirts a été tentée, mais la mode automne-hiver à Strasbourg incite davantage à revêtir un pull ou un manteau. «Il faisait un peu trop froid», sourit l'Hoenheimois qui lance: «La plus belle affaire est pour Unser Land!»

Des centaines de drapeaux «Rot un Wiss» vendues par Unser Land

Ce parti autonomiste alsacien, dont le nom signifie «Notre terre» commercialisait des articles avant même les manifestations de cet automne. «Nos drapeaux, on les a achetés à Unser Land», confirme Jean-Marie Heinrich du groupe «Ma terre, ma vie, mon Alsace», coorganisateur de la manifestation de samedi. «On a vendu plusieurs centaines de drapeaux, confirme Jean-Georges Trouillet, vice-président d'Unser Land. Sur certaines manifestations, on n'avait pas le temps de les sortir que les gens nous sautaient dessus pour en acheter.»

>>> La coiffe alsacienne revient à la mode.

Jean-Georges Trouillet reconnaît une légère marge sur la vente des drapeaux. «Le but du jeu n'est pas d'être à perte. On est un parti politique, on ne peut se le permettre. On n'est pas là non plus pour faire du commerce. On a suppléé aux carences du marché», estime le candidat aux départementales dans le canton de Wintzenheim.

Des commandes envoyées à New York et en Outre-mer

Avec les boutiques en ligne, Touche pas à l'Alsace ou Unser Land savent où habitent leurs clients. Et ce commerce est quasi exclusivement local. «On a eu beaucoup de commandes du Haut-Rhin, note Stéphane Bourhis. Celles hors d'Alsace sont celles d'expatriés.» Des badges ou des autocollants avec le slogan de «Touche pas à mon pote» détourné ont été envoyés jusque dans les DOM-TOM ou à New York. «On a reçu une photo d'un de nos stickers collés à proximité de l'Unesco à New York», raconte Stéphane Bourhis. A Unser Land, on confirme que «90 à 95%» des commandes sont expédiées en Alsace.