Alsace: Et si on réduisait le temps d'attente pour passer un IRM?

SANTE L'Agence régionale de santé (ARS) d'Alsace a lancé une mission d'évaluation et d'accompagnement sur l'organisation des plateaux d'imagerie médicale...

Alexia Ighirri

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IRM Imagerie a resonance magnetique. (Illustration)
IRM Imagerie a resonance magnetique. (Illustration) — A. GELEBART / 20 MINUTES

Quantitativement, l'Alsace en connaît un rayon sur les plateaux d'imagerie médicale. Au 1er février 2015, la région compte 27 IRM (22 IRM installées), soit un taux d'équipement autorisé de 14.62 IRM par millions d'habitants. Elle se situe au-dessus du niveau préconisé par le Plan cancer II, à savoir 12 IRM par millions d'habitants. Cinq IRM devraient encore être installés en 2015 au Centre hospitalier d'Haguenau, à la Clinique St-Anne de Strasbourg, au Centre d'imagerie de Molsheim, au GHCA de Colmar et à la Clinique Diaconat Roosevelt de Mulhouse.

Améliorer l'organisation

Le hic? Malgré ce bon taux d'équipement, les délais de prise en charge en Alsace restent trop longs pour les pathologies relevant des grandes priorités de santé publique. Un accès dans les 20 jours est aujourd'hui préconisé. «On a été mis, par différentes enquêtes, devant le constat que l'Alsace avait un taux d'accès apparent à l'IRM  relativement long», complète Laurent Habert, directeur général de l'Agence régional de santé (ARS) Alsace. Ces enquêtes ont, par exemple, montré que le délai de rendez-vous moyen était de 30 jours (17 jours pour un patient hospitalisé, contre 11,6 en moyenne nationale) ou encore que les délais d'accès sont plus longs en Alsace que la moyenne nationale pour les cancers de l'utérus (46,5 jours contre 31).

L'ARS Alsace a alors décidé de lancer une mission d'évaluation et d'accompagnement auprès des établissements de santé concernés dans le but d'améliorer l'organisation des plateaux d'imagerie. «On a regardé leur mise en place et demandé s'il y avait des rendez-vous priorisés entre les demandes en cancérologie ou en ostéo-articulaire, entre les patients hospitalisés ou aux urgences, mais aussi le nombre d'IRM et la proportion d'examens réalisés, liste la chargée de mission Rachel Marchal. La plupart n'avaient pas de priorisation ou de créneaux réservés.» Des préconisations leur ont alors été envoyées, et commencent à faire leurs effets.

L'agence de santé a aussi annoncé la création d'un observatoire des délais de rendez-vous et d'un comité technique régional d'imagerie.

L'Allemagne, une solution?

Outre cette réorganisation, peut-on penser que ces examens d'imagerie sont trop souvent prescrits aux patients? «Oui, sûrement. Il y a des choses à faire sur la pertinence des demandes», tranche Rachel Marchal. Notamment en ce qui concerne l'activité ostéo-articulaire, qui représente près de la moitié des examens réalisés en IRM. Dans ces cas, «est-il vraiment l'examen de première intention? Il est parfois d'un intérêt relatif», note le Dr Michel Aptel qui, s'il souligne la complexité des cas, estime qu'il existe d'autres outils.

Et à ceux qui, face à l'attente, seraient tentés de passer un IRM en Allemagne, l'ARS plaide pour une «réponse locale d'abord. Surtout si on peut répondre dans les 20 jours préconisés. Ce phénomène est mineur, il concerne surtout les Strasbourgeois qui vont à Kehl. Et pourtant, Strasbourg a le meilleur taux d'équipement de la région.» De l'aveu de Laurent Habert, les délais doivent être courts en Allemagne, mais concernant le coût et la prise en charge dans le système de santé, les choses se compliquent.

Le Centre Européen de la Consommation (CEC) a publié un document sur la question: «Nous sommes d’avis que pour diminuer les délais d’attente trop importants côte alsacien, une solution pertinente consisterait à mutualiser les équipements avec le côté allemand, ce qui serait tout à fait possible d’un point de vue juridique et logistique». Le CEC a adressé il y a plusieurs mois une demande au Ministère des Affaires Sociales et de la Santé, encore sans réponse.