Strasbourg: Manuel Valls annonce vouloir s'attaquer «à tout ce qui retarde un islam de France»

POLITIQUE Le premier ministre Manuel Valls a confirmé l'importance de la formation des imams mais aussi s'intéresser au financement des mosquées...

G.V. avec AFP

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Le premier ministre  Manuel Valls (d) accompagné par le Président de la Grande Mosquée de Strasbourg, Ali El-Jarroudi (derrière), serre la main  de la communauté religieuse musulmane à la Grande mosquée de Strasbourg, le 3 mars 2015.. AFP PHOTO /  PATRICK HERTZOG
Le premier ministre Manuel Valls (d) accompagné par le Président de la Grande Mosquée de Strasbourg, Ali El-Jarroudi (derrière), serre la main de la communauté religieuse musulmane à la Grande mosquée de Strasbourg, le 3 mars 2015.. AFP PHOTO / PATRICK HERTZOG — AFP

Le Premier ministre accompagné de la ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem, et du ministre de l'Intérieur et des Cultes, Bernard Cazeneuve, chargé du nouveau plan du gouvernement concernant l'islam en France, rencontraient ce mardi matin les autorités religieuses musulmanes à la  Grande Mosquée de Strasbourg. Une rencontre fructueuse selon, Ali El Jarroudi. «C'est une très bonne rencontre, très favorable pour la communauté musulmane. Il y a eu beaucoup de propositions. On verra  si cela se concrétise mais je suis confiant. Mais déjà , venir chez nous, ce n'est pas anodin, c'est montrer l'intérêt pour un islam modéré du juste milieu».

La formation des imams

Manuel Valls a annoncé vouloir s'attaquer au «défi» de «tout ce qui retarde un islam de France», notamment en matière de formation des imams mais aussi en faisant reculer le «réflexe» qui consiste à solliciter des pays étrangers pour le financement des mosquées,rapporte l'AFP.

«Je souhaite agir, nous souhaitons agir. Et nous souhaitons que tout le monde, vous les premiers, voie la profondeur des problèmes qu'il faut aujourd'hui traiter. Tout ce qui retarde un islam de France», même si celui-ci est déjà une «réalité, c'est là le grand défi auquel nous devons faire face», a-t-il déclaré.«A présent, c'est le champ de la formation qu'il faut investir (...) Et l'Etat veut y mettre des moyens».

Strasbourg devrait faire partie des instances de dialogue

Dans le cadre de l'annonce de la création d'une nouvelle «instance de dialogue» avec l'islam de France, le gouvernement a annoncé son intention de porter à douze, contre six actuellement, le nombre des établissements (dont celui de Strasbourg) dispensant des formations à la laïcité, pour les responsables religieux notamment. Une déclaration qui a séduit Ali El Jarroudi mais qui souligne qu'il n'est pas étonné «que la plus grande mosquée de France en fasse parti.»

Prolongeant des propos tenus au Sénat mi-février, Manuel Valls a dit vouloir «traiter la question des financements» de la construction de mosquées en France.«Je souhaite, et nous souhaitons, que des solutions existent en France lorsque des responsables cultuels cherchent un soutien et des moyens pour construire un lieu de culte ou un centre culturel. Je souhaite que ce réflexe consistant à demander le soutien d'Etats étrangers se perde», a dit Manuel Valls, rapporte l'AFP.

Une furtive discussion sur le halal

Concernant les questions sur le halal dont Ali el Jarroudi voulait faire part au Premier ministre, le président de la Grande mosquée n'a eu qu'un bref instant pour aborder personnellement le sujet lors de la signature du livre d'or. «J'ai pu brièvement m'entretenir sur le sujet et je lui ai transmis un courrier officiel,  pour entre autres demander que la Grande mosquée soit certifiée halal, mais ce n'était pas le moment de rentrer dans les détails. Nous aurons je pense à présent d'autres occasions.»