Strasbourg: (MAJ) La formation des imams et le halal au menu de la visite de Manuel Valls

POLITIQUE La visite du Premier ministre, de Bernard Cazeneuve et de Najat Vallaud-Belkacem mardi est très attendue par la Grande mosquée de Strasbourg...

Gilles Varela

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Archives. Inauguration de la grande mosquée de Strasbourg en présence du ministre de l'intérieur. Strasbourg le 27 09 2012. Ahmed Toufik ministre des affaires religieuses du Maroc (g) Manuel Valls (c) et Said Aala (d) président de l association de la grande mosquée
Archives. Inauguration de la grande mosquée de Strasbourg en présence du ministre de l'intérieur. Strasbourg le 27 09 2012. Ahmed Toufik ministre des affaires religieuses du Maroc (g) Manuel Valls (c) et Said Aala (d) président de l association de la grande mosquée — G. VARELA /20 MINUTES

La visite du Premier Ministre Manuel Valls, de la ministre de l'Education Nationale Najat Vallaud-Belkacem et le ministre de l'Intérieur Cazeneuve, est très attendue mardi par les représentants de la Grande mosquée de Strasbourg.

«Après les amalgames, les actes islamophobes et les polémiques, c'est un geste d'apaisement», souligne Ali El Jarroudi, président de la Grande Mosquée de Strasbourg.

Des propositions à faire

Au-delà de la symbolique du geste, c'est sur des questions bien concrètes que la Grande mosquée compte s'entretenir avec les ministres. Et tout d'abord, la formation des imams. C'est une grosse attente de la mosquée qui s'est déjà entretenue avec les autorités comme le maire ou la préfecture sur le sujet, mais n'a jamais eu l'occasion d'en parler avec les plus hautes autorités de l'Etat. «C'est une occasion de dialogue, de ce que l'on veut faire, de notre expérience du passé. Nous avons des idées pour avancer sur ce sujet».

Le Premier ministre devrait également aborder le sujet lors de sa visite à l’université de Strasbourg . Il doit notamment rencontrer vers 11H00 les étudiants et les enseignants du diplôme «Droit, société et pluralité des religions» de l'université de Strasbourg, a indiqué Matignon dans un communiqué. Ce cursus créé en 2011 vise à former les personnels religieux, dont les imams, ainsi que des responsables de la politique de la ville, à la «place des religions dans l'État laïc». Le gouvernement veut développer ce type de diplômes pour atteindre une douzaine d'établissements de formation d'ici à la fin de l'année, rapportent l'AFP. 

Une nouvelle instance

L'exécutif a lancé la semaine dernière une réforme de l'islam de France autour d'une «instance de dialogue» censée mieux représenter les musulmans dans leur diversité, dans le sillage des attentats jihadistes de janvier. La réflexion vise également à mieux «insérer» les imams étrangers dans la société française et la République. Cette nouvelle instance doit être mise en place «d'ici l'été» et se réunira «deux fois par an autour du Premier ministre», à l'instar de ce qui existe pour les catholiques, selon l'AFP. L'idée est de donner aux pouvoirs publics des interlocuteurs plus divers. Elle  devra se saisir de questions telles que la formation civile des imams, l'abattage rituel ou la sécurité des lieux de culte par exemple, avait expliqué Bernard Cazeneuve.

Le 12 février dernier au Sénat, Manuel Valls avait dit vouloir prendre des «mesures» pour empêcher le financement de l'islam de France par «un certain nombre de pays étrangers», en souhaitant un modèle d'«islam totalement intégré, totalement compatible avec les valeurs de la République», indique l'AFP.

 

>>>La formation des imams en France, un vieux serpent de mer

 

Le halal, une autre question en suspend

Autre point qui sera abordé par la Grande mosquée de Strasbourg, la question du halal. Des requêtes subsistent en effet sur la possibilité d'avoir des aliments certifiés halal dans les hôpitaux , les écoles...et surtout d'espérer voir la Grande mosquée de Strasbourg être habilitée à délivrer des cartes de sacrificateurs. «Nous aimerions que la Grande mosquée soit certifiée car seulement trois mosquées en France le sont: Paris, Ivry et Lyon», regrette Ali El Jaroudi

Mais il faudra faire vite car la visite des ministres n'est prévue que pour quelques heures, Manuel Valls étant attendu à l'Assemblée nationale dès 15h.