Alsace: Quels risques pour la population en cas de pollution atmosphérique?

SANTE Depuis dix jours, les seuils de recommandation de présence de particules dans l'air sont dépassés dans la région...

Alexia Ighirri
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Pollution. (Illustration)
Pollution. (Illustration) — G . VARELA / 20 MINUTES

Depuis le 8 février, l'ASPA-ATMO Alsace, chargé de la surveillance de la pollution atmosphérique, alerte chaque jour que le seuil de recommandation à la pollution aux particules fines dans l'air est dépassé. Une pollution qui dure, mais qui n'est pas rare en cette période de l'année: «Cet épisode est long mais, une fois par an en moyenne on en a qui dure plusieurs jours», indique Emmanuel Rivière, directeur adjoint de l'ASPA-ATMO, affirmant qu'il faudrait un «grand coup de vent et des précipitations» pour s'en débarrasser. Le temps trop calme combiné aux activités humaines non-limitées n'arrangent pas la situation.

Si cette pollution atmosphérique n'est pas exceptionnelle, elle n'est toutefois pas sans conséquence sur la santé de la population. «Quand on dépasse les normes, il y a un risque. Il y a potentiellement des effets sur la population. Mais même en dessous du seuil, il peut se passer des choses», souligne Emmanuel Rivière.

Perte de l'espérance de vie

Selon l'Institut de veille sanitaire (InVS), les effets à court terme de la pollution atmosphérique, généralement plus marqués chez les enfants et les sujets âgés, montre une hausse des hospitalisations ou des passages aux urgences pour causes respiratoires et cardio-vasculaires. A plus long terme, les études qui ont été menées tendent à montrer des augmentations du risque de développer un cancer du poumon ou une maladie cardio-pulmonaire.

La pollution atmosphérique peut jouer sur l'espérance de vie. «En fonction du niveau de particules trop élevées dans les agglomérations européennes, il y a une perte d'espérance de vie de quelques mois, explique Emmanuel Rivière en s'appuyant sur le projet Aphekom piloté par l'InVS. A 30 ans, on estime qu'il peut y avoir une perte d'environ six mois si on habite les grandes agglomérations françaises dont Strasbourg.»

Perte d'espérance de vie par agglomération - projet APHEKOM piloté par l'InVS
 

Lors d'un épisode de pollution atmosphérique, l'Agence régionale de santé et l'ASPA conseillent aux personnes sensibles d'éviter les activités physiques intenses (dont les compétitions sportives) autant en plein air qu’à l’intérieur, ou encore de privilégier des sorties plus brèves, loin évidemment des grands axes routiers.