Strasbourg: Mobilisation aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg contre l'externalisation d'un service

SOCIAL L'intersyndicale CGT, FO, SUD et UNSA des Hôpitaux universitaires de Strasbourg a déposé un préavis de grève pour dénoncer l'externalisation des prestations des agents des services hospitaliers qualifiés...

Alexia Ighirri

— 

Nouvel Hopital civil (NHC) le 10 12 2008
Nouvel Hopital civil (NHC) le 10 12 2008 — G . VARELA / 20 MINUTES

Grève et rassemblement prévus ce mardi à partir de 8h, et pétition déjà signée par un millier de personnes, l'intersyndicale CGT, FO, SUD et UNSA des Hôpitaux universitaires de Strasbourg est vent debout contre l'externalisation des prestations des Agents des services hospitaliers qualifiés (ASHQ). Employés de l'hôpital, ces derniers sont chargés du nettoyage des chambres, de l'entretien des locaux ou encore de la distribution des repas.
Il y a entre 1.000 et 1.200 ASHQ aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS), dont 127 aux pôles gynéco-obstétrique et pédiatrique, les deux concernés par cette externalisation. Parmi lesquels, selon les syndicats, 80 CDD ne seront pas non-renouvellés.

Entrée en vigueur le 1er mai

«C'est une expérience sur deux ans. Mais on sait que ce sera validé au final pour tous les ASHQ dans tous les services, avance Claudine Giorgi de la CGT, qui déplore la politique d'austérité budgétaire menée par la direction des HUS. Cette expérience est menée pour faire des économies sur le dos des salariés de 2 millions d'euros par an». L'intersyndicale s'est déjà prononcée contre ce projet en instance début janvier, mais son avis n'est que consultatif. Les syndicats qui la composent se retrouvent «devant le fait accompli»: l'expérience débutera le 1er mai.

Outre la crainte des suppressions de postes, les syndicats estiment que cette externalisation est un «drame» pour le patient, au niveau de la qualité du service rendu ou de son relationnel avec les soignants. «L'ASHQ parle avec le patient, est capable de voir si ça ne va pas. L'agent est confronté à la maladie, à la mort... C'est un métier, une vocation, que l'on n'apprend pas en 15 jours de formation», juge Claudine Giorgi.

Des protocoles à respecter

De point de vue des formations justement, l'intersyndicale redoute que les employés de l'opérateur privé ne respectent pas les différents protocoles mis en place lors de l'entretien des locaux ou encore qu'ils ne respectent pas le secret professionnel, «surtout dans un service comme le gynéco-obstétrique, où il y a des IVG...».

Pour Christian Prud'homme du syndicat FO, l'opérateur privé rime avec «moins de personnel et donc moins de temps passé sur place. Les employés vont venir quelques heures le matin, le midi et le soir, alors que nous, nous employons les ASHQ pendant 7h30 d'affilée».

Les syndicats ont donc décidé de se mobiliser à l'occasion d'un CTE extraordinaire de mardi matin. Cette journée de mobilisation ne perturbera pas les patients des HUS, assurent-ils.