Cimetière juif profané: «Comment peut-on s'en prendre aux morts?»

FAITS DIVERS A Sarre-Union, la profanation de tombes juives a été au centre de toutes les discussions, lundi matin. L'incompréhension est totale et, à chaque fois, les mots «triste», «lamentable», «désolant» ont été prononcés...

Floréal Hernandez

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Des centaines de tombes ont été profanées au cimetière juif de Sarre-Union.
Des centaines de tombes ont été profanées au cimetière juif de Sarre-Union. — AFP

Dimanche, Sarre-Union a appris la profanation de son cimetière juif. Des centaines de stèles ont été mises à terre, cassées. «Un acte odieux», a commenté Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur qui a annoncé la profanation de ce cimetière juif dans le Bas-Rhin.

«C'est sur toutes les lèvres»

Dans la ville, en ce lundi matin, on est estomaqué, choqué, peiné. «Je ne comprends pas. C'est horrible, ça fait mal au cœur. Comment peut-on s'en prendre aux morts?», interroge Sylvie, une habitante de Sarre-Union venue à proximité du cimetière juif.

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Le gendarme en faction devant le petit chemin de terre qui mène au cimetière indique que peu de personnes sont passées hormis les nombreux médias présents. Pourtant, «c'est sur toutes les lèvres, souligne Christelle, factrice. Ce qui arrive c'est grave.» Elle en a discuté avec ses collègues, puis lors de sa tournée à vélo, «c'est le premier sujet abordé».

«Qui a pu faire ça?»

Dans le tabac-presse de la place de la République, on a constaté une hausse du nombre d'acheteurs de journaux, ce lundi matin. «Cet acte est lamentable, triste», témoigne Martine derrière le comptoir, qui a appris par sa collègue que le cimetière juif de Sarre-Union a déjà été profané en 1988 et 2001.

Au lycée, l'acte a également été évoqué dans les classes. «Surtout dans les cours d'histoire, indique Yann, élève de seconde. Il y a eu des débats. On se demande: "Qui a pu faire ça?". Ça ne se fait vraiment pas!»

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Les trois adolescents (12, 13 et 17 ans) de Célia sont «choqués» par la profanation du cimetière. «On habite à deux minutes à pied. C'est un lieu qu'on longeait en promenade. On est en bord de Sarre. C'est calme agréable.» Cette maman sait qu'il va falloir parler de ce fait divers avec ces enfants. «J'espère trouver les mots pour leur dire que ce n'est pas ça la vie. On éduque nos enfants dans des valeurs de partage. Avec nos voisins turcs, on s'échange des douceurs quand c'est la Saint-Nicolas ou les fêtes turques. A Sarre-Union, les gens s'entendent bien. Ce qui vient de se passer est désolant...»